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Irlande/filière Kepak soigne l’amont

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Kepak, l’un des plus importants producteurs de viande en Irlande, a placé l’amont au cœur de ses chantiers de développement. Si l’on ne parle pas de contractualisation, c’est bien le même esprit qui guide les relations de l’industriel de la viande avec les éleveurs.
Les relations avec l’amont sont un sujet sensible dans la filière viande en France, mais pas seulement. En Irlande aussi, les transformateurs essaient de trouver une formule gagnante avec les éleveurs de bovins. Kepak, qui abat environ un cinquième du cheptel irlandais de bovins et près d’un tiers des ovins, a profité d’un contrat avec l’Italie pour lancer un programme pilote de partenariat avec des éleveurs de bovins il y a une dizaine d’années. « Les attentes du consommateur irlandais en termes de couleur et de conformation n’étaient pas les mêmes que celles des marchés où nous exportions habituellement. Alors nous avons constitué un club d’éleveurs pour produire des animaux spécifiques pour le marché italien, avec un engagement de prix minimum et un système de seuil par rapport au marché », explique Denis Russell, directeur commercial Europe pour la viande ovine.
 
Gagner en visibilité
Autre enjeu de la démarche pour Kepak, gagner en visibilité sur les abattages et la mise en marché de bovins. « Beaucoup de nos animaux viennent d’exploitations allaitantes, que les éleveurs gèrent en plus de leur activité principale. Ce sont des individus qui ne font pas partie de groupements d’éleveurs, contrairement aux ovins où la commercialisation via des groupements d’éleveurs permet une bonne visibilité », remarque Denis Russell. Pour adapter l’abattage d’ovins aux besoins de mise en marché, Kepak a mis en place un système incitatif sous forme de prime pour les éleveurs qui passent par un groupement d’éleveurs et s’engagent sur un calendrier. Un système que l’entreprise veut étendre aux bovins. Kepak, qui compte 2 000 salariés sur 10 sites de production, dégage environ 800 millions d’euros de chiffre d’affaires. 90 % des ventes sont réalisées à l’export, dont plus de 70 % sur les cinq marchés clés que sont le Royaume Uni, l’Italie, la France, les Pays Bas et l’Espagne. À noter, l’entreprise a fortement développé l’activité « convenience food » depuis environ cinq ans. Elle pèse désormais 200 millions d’euros (dont 150 au Royaume Uni). Enfin, Kepak a récemment pris pied sur le marché de la viande porcine avec l’acquisition (soumise à l’approbation de l’autorité de la concurrence) de Carren & co.

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