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Kikleo scanne les plateaux repas pour lutter contre le gaspillage

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La solution de Kikleo permet d'analyser le contenu de chaque plateau repas. Crédits : © Kikleo

Martin d’Agay et Vincent Garcia ont mis au point une intelligence artificielle capable d’identifier et de mesurer les restes alimentaires sur les plateaux repas. Une étape essentielle pour mettre au point une politique de lutte contre le gaspillage. Leur idée a permis de lever 1,5 million d’euros.

Le gaspillage alimentaire à la cantine est une réalité couteuse d’un point de vue financier et environnemental, mais les outils pour le mesurer et mettre en place des solutions ne sont pas toujours faciles à mettre en œuvre. Partant de ce constat, Martin d’Agay et Vincent Garcia ont trouvé une solution en se tournant vers l’intelligence artificielle. « Notre caméra est capable de reconnaître une centaine de classes d’aliments et d’évaluer leur poids grâce à l’intelligence artificielle associée à une base de données d’images de plats », explique Vincent Garcia. Le taux d’erreur est en voie de réduction (75 à 80% de bons résultats environ aujourd’hui) et porte plus souvent sur l’identification, et assez peu sur le poids. Deux caméras photographient le plateau : l’une capable d’identifier l’aliment et l’autre son poids. 

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L’objectif final de Kikleo est de proposer des solutions aux responsables de restaurants collectifs comme la révision des portions, l’adaptation des recettes, la sensibilisation des clients ou encore l’échange avec les fournisseurs pour des produits davantage en adéquation avec les attentes des clients. A la clé : une réduction du gaspillage de l’ordre de 50%, selon la start-up. La Mairie de Paris, des Crous, Kompass, le ministère des Armées ou encore l’APHP font partie des clients de Kikleo.

Déployer notre solution d’analyse des plateaux repas 

Cette idée originale, et qui vient remplacer des méthodes empiriques de mesurer le gaspillage, a séduit des investisseurs. En novembre, Kikleo a ainsi levée 1,5 million d’euros, dont la moitié en capital, auprès de deux fonds à impact : Avelana, piloté par Jean-Marc Boucher, entrepreneur actif dans le photovoltaïque et Good Only Ventures, soutenu par des associations et ONG. Des prêts et des subventions ont également été mobilisés auprès de BPIfrance, CIC, France 2030 et la Commission européenne. Cette levée de fonds complète une première opération en 2022, qui avait permis de lever 500 K€ auprès des fonds de l’Essec et de l’Insa, les deux écoles dont sont issus les fondateurs.

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Les fonds levés vont avoir plusieurs destinations. « Nous allons déployer notre solution d’analyse des plateaux repas qui est déjà opérationnelle dans 60 établissements, notamment dans d’autres régions que l’Ile-de-France et Lyon et en commençant à l’international en 2024 ou 2025 », explique Vincent Garcia. Autre axe de développement : la R&D qui doit être encore améliorée pour identifier tous les aliments. Et aussi la poursuite du projet de caméra couplée à une balance, capable d’identifier et de peser les aliments dans les bacs de service utilisés en cantines et qui n’ont pas été servis. Une solution dont la commercialisation devrait intervenir mi-2024.

L’équipe de 15 collaborateurs, basée pour l’essentiel à Paris, va grandir dans les prochaines semaines après des recrutements de profils techniques (ingénieurs et développeurs) et opérationnels, pour accompagner les clients dans la prise en main de l’outil. Une équipe de commerciaux va aussi être mise sur pieds alors que les fondateurs assument seuls cette tâche pour l’instant.

Le but de Kikleo est de multiplier les installations de sa solution auprès de la restauration collective scolaire, d’entreprise, militaire ou hospitalière afin de parvenir à un chiffre d’affaires de 1 million d’euros pour l’exercice 2024 et à l’accompagnement de 1000 restaurants en 2025. La solution est commercialisée auprès des clients sous forme d’abonnement à l’année intégrant l’installation de la caméra, la collecte des données et leur restitution de façon accessible aux clients, ainsi que la mise en place d’une stratégie de réduction du gaspillage alimentaire. En moyenne, chaque client débourse 6000 euros pour cette prestation, sachant que la solution est adaptée pour au moins 100 plateaux par jour et idéalement pour un volume de 250 à 2500 plateaux par jour.