L’agronome Marianne Avignon a soutenu le 11 avril sa thèse sur les dépérissements des vergers de kiwis, alors que le Sud-Ouest fait face depuis 2019 à ce phénomène, responsable d’une perte de 5 % des surfaces au niveau national. Si la plante a besoin de beaucoup d’eau « durant sa phase de croissance végétative », indique la synthèse, elle est « extrêmement sensible aux conditions anaérobies, arrêtant très rapidement tout transfert de sève entre le système racinaire et le système aérien si le sol est saturé en eau ». Une saturation qui peut entraîner « une détérioration rapide du système racinaire » ; 56 parcelles ou zones ont été étudiées en vallée de l’Adour et 38 en vallée de la Garonne. Résultat : « Le dépérissement est fortement influencé par la structure du sol, étant presque trois fois plus important sur des sols tassés que sur des sols aérés ».
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Dans quatre vergers, trois leviers ont été testés (introduction de couverts végétaux, apport massif de matière organique et décompaction avec un outil à dents), qui « n’ont pas suffi pour freiner le dépérissement » mais ont amélioré « la qualité physique et biologique du sol ». Si les couverts « ont eu du mal à s’implanter en raison du manque de luminosité et de la concurrence des graminées déjà présentes », le compost « a permis de diminuer la densité apparente du sol de 5 % » et d’améliorer sa pénétrabilité de « 95 % sur les dix premiers centimètres » et a « augmenté le réservoir utile de 20 % sur les cinq premiers centimètres, la teneur en eau de 8 % et l’abondance de vers de terre de 500 % ». La décompaction a, elle, « réduit la conductivité de 5 % jusqu’à 140 cm de profondeur ». Par ailleurs, la thèse souligne que « la télédétection pourrait aider les producteurs à adapter leurs pratiques ».