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Stratégie KKO International tient son cap dans une conjoncture difficile

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Le producteur de cacao KKO International implanté en Côte d’Ivoire via sa filiale de Solea a annoncé ses résultats annuels mi-mai. Le groupe qui a poursuivi son développement a été confronté à une conjoncture difficile sur ses marchés. Il a adapté son plan stratégique pour tenir compte de certains aléas climatiques dans sa zone d’implantation. Le groupe est toujours à la recherche de fonds.

Lancé depuis trois ans dans le développement d’une plantation de fèves de cacao en Côte d’Ivoire, avec une forte implication locale, le belge KKO International a dévoilé mi-mai ses résultats annuels 2016. Le groupe qui a réalisé ses premières récoltes en octobre dernier, a poursuivi en parallèle le développement de ses parcelles en cacao. Au 31 décembre 2016, le foncier de KKO s’élevait à 1 976 hectares, dont 1 115 développés (contre 683 hectares développés en 2015). L’an dernier, le groupe a dû faire face à une conjoncture particulièrement difficile, avec une forte chute des prix du marché du cacao, de 43 % sur un an. " Après plusieurs années de hausse des cours, les excédents de production sur 2016 entraînent une correction sur les cours bien que la demande mondiale reste structurellement orientée à la hausse", explique ainsi la société. Et le prix bord de champ de 1 100 FCFA par kilo payé au producteur pour la campagne 2015/2016 est passé à 700 FCFA (1 € le kilo) en 2016/2017. À moyen terme, la tendance reste toutefois porteuse, selon KKO, grâce à "une demande mondiale en croissance régulière".

Au final, KKO a enregistré en 2016 pour 251 200 euros de produits d’activités ordinaires, en hausse de 45 %, dont 180 200 euros de vente de cacao (contre 58 000 euros en 2015), le reste en igname. Sans surprise, le résultat d’exploitation est toujours négatif, à 4,22 M€, "la société étant toujours en phase d’investissement et de plantation", indique-t-elle, mais s’améliore de 4,3 % par rapport à 2015. La perte globale ressort quant à elle à 4,53 M€, contre une perte de 4,75 M€ un an plus tôt.

Toujours à la recherche de fonds

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KKO affiche une situation financière en phase avec son développement, avec un total de bilan de 6,44 millions d’euros (contre 9,32 millions au 31 décembre 2015). La société qui dispose à la fin du dernier exercice d’une trésorerie disponible de 48 000 euros (contre 3,57 millions d’euros fin 2015), rappelle que le financement de son développement est "couvert par de nouveaux emprunts auprès des actionnaires et administrateurs de la société, et par une augmentation du crédit fournisseur". À noter que KKO vient également de finaliser la mise en place d’une ligne de financement obligataire flexible avec le fonds Bracknor Fund Ltd. pour un montant de 3,12 millions d’euros (Agra Alimentation du 23 février 2017) par émission d'obligations convertibles en actions (OCA). Contrairement à ce qui était initialement prévu, la société a décidé de ne pas octroyer de droits de souscription à Bracknor Fund Ltd., et de les remplacer par un Conversion Fee, "correspondant à un montant de 5 % de la valeur nominale des obligations convertibles" est-il précisé. La décision d’émettre des OCA sera soumise à une assemblée générale extraordinaire de la société, qui devrait se tenir immédiatement après l’assemblée ordinaire du 21 juin prochain. KKO poursuit par ailleurs "l’étude de solutions de financement long-terme complémentaires et plusieurs discussions sont en cours" indique la société.

KKO International poursuit son cap et a réaffirmé son objectif de produire 4 à 5 tonnes de fèves sèches en moyenne par hectare, afin de devenir, avec sa filiale opérationnelle Solea basée en Côte d’Ivoire, le premier producteur mondial de cacao de qualité et le partenaire de référence pour les industriels du chocolat. Face à certains problèmes rencontrés dans le développement de la plantation à Bocanda, au centre-est de la Côte d’Ivoire, une zone géographique frappée par d’importants changements climatiques, la société a adapté son plan stratégique. De 3 000 hectares initialement prévus, elle limitera le développement à 1 500 hectares dans cette région, et s’étendra en revanche à M’Brimbo et Taabo. Les projets de développement en Équateur et à Madagascar sont par ailleurs suspendus.

Côté sur Alternex depuis l’automne 2015, KKO a vu son cours de Bourse fondre de moitié à moins de 2 €.