Dans une vidéo diffusée le 26 juillet, L214 dénonce « des pratiques et des installations qui sont en violation grave de la réglementation » à l’abattoir de Bazas (Gironde). La préfecture demande une « inspection complète », tout en contestant la méthode de l’ONG.
L’association de défense des animaux L214 a réclamé le 26 juillet la « fermeture d’urgence » d’un abattoir public de Gironde, contre lequel elle porte plainte pour « cruauté et sévices », tout en engageant un recours en responsabilité contre l’État. D’après l’AFP, L214 a mis en ligne des images tournées en avril et mai dans cet établissement situé à Bazas, détenu par la communauté de communes locale, en difficulté financière depuis plusieurs années. Cette vidéo montre « des pratiques et des installations qui sont en violation grave de la réglementation », affirme L214. L’association pointe « des coups d’aiguillon électrique dans l’anus et les yeux », des « étourdissements ratés » en raison d’un outillage « défaillant », des animaux suspendus et saignés « encore conscients », parfois devant leurs congénères, ainsi qu’un box d’immobilisation « inadapté ».
En avril 2016, un rapport d’inspection des services sanitaires de Gironde avait listé de nombreuses « non-conformités » au sein de l’abattoir. « Les inspecteurs avaient relevé nombre d’infractions qu’on retrouve sur les images de 2023 », accuse L214, qui annonce également un recours en responsabilité contre l’État auprès du tribunal administratif de Bordeaux pour « manquement à sa mission de contrôle de l’application de la réglementation ».
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Une « nouvelle inspection complète »
Dans un communiqué du 26 juillet, la préfecture de Gironde a annoncé une « nouvelle inspection complète » de l’usine. Tout en critiquant la méthode de l’association, qui a choisi selon elle « un montage isolant de leur contexte des séquences non datées et choisies pour leur caractère choquant ». Pour la préfecture, la vidéo « ne reflète pas la réalité du fonctionnement de cet abattoir régulièrement contrôlé ». « Une inspection coordonnée des trois chaînes du 28 mars au 21 avril 2023 sur le volet immobilisation des animaux a conclu à la conformité de l’établissement », rappellent les autorités. La préfecture évoque aussi une « mise en demeure » du 9 juin ordonnant un « contrôle interne » sur le déchargement des animaux, ainsi qu’un « courrier d’avertissement » du 3 février sur l’« inadéquation de l’équipement » pour l’abattage des porcs de moins de 40 kg. Dans un communiqué du 27 juillet, L214 maintient sa version, contestant notamment les affirmations de la préfecture sur l’abattage des porcelets. Face aux accusations de montage à charge, l’association indique par ailleurs avoir remis à la justice « une vidéo de 2h50 (avec preuves de dates et de lieu) qui accompagne sa plainte contre l’abattoir ».