Une nouvelle enquête de l’association de lutte contre la maltraitance animale L214 dénonce de « graves carences » des services vétérinaires dans l’abattoir Bigard de Cuiseaux (Saône-et-Loire). Thomas Saïdi, un enquêteur de l’association, s’est fait embaucher comme contrôleur en abattoir pendant quatre mois, sans diplôme ni expérience préalable. Dans une vidéo, publiée le 28 octobre, il témoigne du manque de personnel et de formation de l’équipe d’inspection vétérinaire avec pour conséquence des « contrôles sporadiques ». Il affirme que seulement 1 à 2 % des abattages étaient contrôlés. Une situation contraire à l’arrêté du 12 décembre 1997 règlementant la mise à mort des animaux qui stipule que « dans les abattoirs, les opérations d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort des animaux sont placées sous la surveillance continue des agents du service d’inspection. »
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Thomas Saïdi dit aussi avoir été témoin de « nombreuses infractions » de la part des employés de l’abattoir, entraînant « des souffrances aigües et pourtant évitables aux animaux ». Images à l’appui, il dénonce les maltraitances subies par les bovins. Des vaches laissées sans nourriture avant d’être abattues, parfois pendant 48 h, et blessées. D’autres encore conscientes après avoir été égorgées. L’enquêteur infiltré a également constaté l’abattage de vaches gestantes, pour certaines prêtes à mettre bas. Or, le transport de femelles gravides au-delà de 90 % de la période de gestation est interdit par la loi. L’association annonce porter plainte pour « sévices graves » contre l’abattoir et déposer « un recours en responsabilité contre l’Etat pour manquement à sa mission de contrôle de l’application de la réglementation. » Réagissant aux révélations de L214, le ministère de l’Agriculture, dont dépendent les services vétérinaires, a ordonné « une enquête approfondie des pratiques de cet abattoir. » Le groupe Bigard (marques Charal, Socopa, Bigard) se refuse à tout commentaire.