Abonné

Pommes de terre La baisse de la consommation française s’accentue

- - 3 min

La baisse de la consommation française de pommes de terre s’est accentuée en 2005/06, a constaté avec inquiétude le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre lors de son assemblée générale le 14 décembre. Le CNIPT y voit les limites de la stratégie de segmentation menée ces dernières années.

« Notre marché national s’essouffle et cela nous préoccupe », a souligné le président du CNIPT, Benoist Leforestier. La baisse de la consommation française de pommes de terre était de -2,6% en 2004/05, puis de -3,8% en 2005/06.

Ce recul des ventes touche aussi l’Espagne, l’Italie et surtout l’Allemagne, qui a vu sa consommation moyenne fléchir d’un tiers en dix ans et de près de 10% en deux ou trois ans. Seule la Grande-Bretagne aurait une consommation stable.

Le recul du marché intérieur est d’autant plus préoccupant qu’il vient après des efforts de la filière pour segmenter les marchés. Les organisateurs ont noté pour la première fois les limites de la segmentation des marchés en un trop grand nombre de variétés de pommes de terre. Cette multiplicité brouille les repères des consommateurs. La segmentation est devenue « moins lisible » et « pas toujours justifiée », avec « des gammes de produits complexes ».

Être moteur sur le marché au lieu de le suivre

Roger Couffin, président du cabinet Adrien Stratégie, estime c’est peine perdue que de chercher à suivre les demandes de la grande distribution, d’après lui, parce que celle-ci n’est pas un élément moteur sur le marché. Ce n’est pas elle qui porte la dynamique du marché, elle ne fait que suivre le mouvement, et avec une vision de court terme, car prisonnière de sa propre logique. Elle « s’est tiré une balle dans le pied » en mettant en avant le premier prix. Du coup elle a déclenché l’essor du hard discount.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

pomme de terre
Suivi
Suivre

Se mettre à l’écoute des attentes des consommateurs est vain parce que ces attentes, c’est « avoir toujours plus, toujours mieux et toujours moins cher». Roger Couffin a cité une phrase d’Henry Ford, qui disait : « Si j’avais écouté les demandes du marché, j’aurais amélioré la race chevaline » !

Au lieu de répondre aux attentes des GMS (grandes et moyennes surfaces), qui sont suiveuses, il faut se montrer proposer une offre.

Sa solution est avant tout l’organisation d’une stratégie commune de filière, « du généticien au négociant », comme a réussi à le faire la filière viticole catalane, selon lui.