Abonné

La baisse de la production de lait bio va se poursuivre

- - 3 min

Sous l’effet des déconversions, les volumes de lait bio vont poursuivre leur recul en France. Alors même que les ventes au grand public reprennent depuis ces derniers mois et que la restauration collective pourrait consommer davantage.

Le nombre de producteurs français de lait bio qui devraient arrêter leur activité ou cesser de produire du lait selon le cahier des charges de l’agriculture biologique est prévu en forte hausse dans les douze prochains mois, estime le Cniel dans sa dernière Conjoncture laitière bio publiée le 4 novembre. « La dernière enquête datée d’août 2025 prévoit une nouvelle accélération des cessations pour les douze mois à venir ; près de 160 arrêts d’activités lait bio sont d’ores et déjà prévus d’ici juin 2026, soit trois fois plus que l’an dernier à la même époque », relève le Cniel. Ce sont surtout des exploitations de grande taille (350 000 litres/an) qui seront concernées. L’arrêt de production est surtout le fait de déconversions et moins d’arrêts définitifs d’activité laitière.

Au cours des douze derniers mois, le nombre de livreurs de lait bio n’a cessé de baisser, à -6 % en août 2025, soit -15 % depuis le pic atteint en 2023. La collecte est en baisse de 5 % sur un an glissant, à 1,13 milliard de litres. « Au regard des cessations prévues, notre enquête prospective prévoit que la production laitière pourrait s’approcher de la barre du milliard de litres d’ici fin 2026 », prévoit le Cniel.

Le manque de rentabilité de la production en bio explique ce recul car l’écart de prix entre le lait conventionnel et le lait bio est de 40€/1 000 litres, « insuffisant pour compenser les coûts de production plus élevés en bio ».

La consommation repart timidement

Pour autant, les signaux du côté de la consommation sont plutôt rassurants. En effet, le Cniel note une reprise du marché des produits laitiers biologiques depuis le début de l’année 2025, avec des fabrications à + 3 % par rapport à la même période de 2024. C’est la première fois depuis 4 ans.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

restauration
Suivi
Suivre
consommation
Suivi
Suivre

Les ventes sont en hausse, surtout dans le circuit spécialisé bio par rapport aux grandes surfaces, et aussi en restauration collective où la demande est soutenue par la montée en puissance de la loi Egalim. Celle-ci a permis d’atteindre 10,3 % d’achats de produits biologiques en 2024 (70 millions de litres), un taux en hausse continue puisqu’en 2019, il atteignait 3,8 %.

Si la loi était pleinement appliquée, cela représenterait 100 millions de litres potentiels en plus, estime le Cniel. « La filière bio est en phase de rééquilibrage, mais davantage sous l’effet de la baisse de l’offre que du rebond de la demande, qui reste encore modéré », note le Cniel. Les volumes toujours orientés à la baisse risquent de compromettre l’essor de la filière en cas de reprise continue de la demande.

CB

La production laitière pourrait s’approcher de la barre du milliard de litres d’ici fin 2026