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Lait La baisse des prix des produits laitiers ne préoccupe pas Bruxelles outre mesure

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La Commission européenne ne juge pas utile de réintroduire les restitutions à l’exportation pour les produits laitiers et n’envisage pas, à long terme, d’augmenter les prix d'intervention dans ce secteur comme le suggère la Pologne qui s’inquiète de la baisse des prix payés aux producteurs.

Le commissaire européen Dacian Ciolos a reconnu le 26 avril, lors du Conseil agricole de l’UE à Luxembourg, que les prix du lait se sont orientés à la baisse ces dernières semaines, ajoutant que cette baisse coïncide avec la tendance saisonnière et que la dernière moyenne du prix payé à la ferme est de plus de 30 cts/kg.
Répondant à une requête de la Pologne (1), il a expliqué que ce sont les prix du beurre qui ont enregistré la plus forte diminution. Pour ce produit, les instruments d’intervention sont en vigueur depuis le 1er mars, mais Bruxelles n'a reçu à ce stade aucune offre de mise à l'intervention. Si les quantités mises sous stockage privé cette année sont un peu plus élevées que l'an dernier, le beurre européen semble gagner en compétitivité sur le marché mondial avec une différence qui se réduit à 3 %. Pour le lait écrémé en poudre, aucune offre n’est parvenue à la Commission, et les exportations de l’UE sont d’une « exceptionnelle vitalité », a ajouté le commissaire à l’agriculture.

La Commission prête à agir « sans délai » si nécessaire

Dacian Ciolos a donc estimé que, à ce stade, il n’y avait pas de justification pour réactiver les restitutions à l’exportation, comme l’a demandé la Pologne, car, selon lui, les produits laitiers de l’UE sont compétitifs et, si les prix ont effectivement baissé, « nous ne sommes pas en situation de crise ». Il a néanmoins assuré que la Commission allait continuer à suivre l’évolution du marché « de très près » et était prête à agir s'il y a lieu, « sans délai car nous savons tous qu'en période de crise, plus on diffère l'action, plus les mesures à prendre sont coûteuses et plus difficilement efficaces ».
Répondant à une autre suggestion de la Pologne, à savoir la révision à la hausse des prix de référence et d'intervention pour le beurre et le lait écrémé en poudre, le commissaire européen a estimé qu’une telle mesure équivaudrait à « revenir des années en arrière, à une époque où l'intervention pouvait être vue par certains comme un débouché à l'égal du marché ». « Ce n'est pas le choix politique que nous avons fait et ce n'est pas la voie que la Commission propose dans sa réforme de la Pac », a-t-il insisté.

(1) Voir n° 3348 du 30/04/12

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