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Orges de brasserie La baisse des ventes de semences certifiées inquiète la filière orge

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Les ventes de semences certifiées d’orge ont chuté de 20% en 2010. Et la tendance devrait se poursuivre pour la prochaine campagne. Les agriculteurs dont les revenus ont fortement baissé préfèrent se tourner vers les semences de ferme. Les sélectionneurs sont inquiets pour la pérennité de leurs programmes de recherche et les malteurs craignent une baisse de qualité de la production.

La filière de l’orge brassicole a fait part de ses craintes face à la forte baisse d’utilisation des semences certifiées, jeudi 22 juillet lors d’une visite de presse au siège du semencier Secobra à Maule (78). Une situation qui risque de fragiliser la recherche pour la mise au point de nouvelles variétés. Entre 2008 et 2009, Secobra, sélectionneur leader sur le marché de l’orge brassicole, a perdu 17% de son chiffre d’affaires. Pour l’ensemble de la France, la baisse des ventes de semences certifiées d’orges a atteint 20% en 2010. « Aujourd’hui, les sélectionneurs qui ne font que des céréales à paille seraient dans le rouge sans les crédits impôt recherche. Et le problème, c’est que le fond du trou est encore devant nous », estime Gilles Fouquin, directeur général de Secobra.

Pas un intrant comme les autres

La principale raison de cette défection des agriculteurs à l’égard des semences certifiées est la baisse des revenus agricoles. Les producteurs préfèrent se tourner vers des semences de ferme. Les conséquences de 2009 se feront ressentir à partir de la rentrée 2010. D’autant que c’est aussi à ce moment que la baisse des aides de la PAC sera effective pour les céréaliers. Pour Jean-Marc Dupré, céréalier et président de la société de semence Géosem (Cohesis et Axéréal), « il faut faire prendre conscience aux agriculteurs que la semence certifiée est un investissement sur l’avenir. Ce n’est pas un intrant comme les autres ». « Pour moi, ce que l’agriculteur paye en plus sur une semence certifiée, si l’on prend en compte le travail que cela demande de trier des semences à la ferme, c’est à peine 10 euros soit l’équivalent de deux unités d’azote. En gros, c’est la somme qui revient à la recherche », explique-t-il.

Une CVO sur l’orge

Gilles Fouquin plaide pour la création d’une CVO (cotisation volontaire obligatoire) sur l’orge comme cela existe pour le blé. La taxe prélevée sur la collecte est remboursée à ceux qui achètent des semences certifiées. Seulement la CVO rapporte aux obtenteurs quatre fois moins que des royalties qu’ils touchent pour la vente de semences certifiées. « Pourquoi ne pas augmenter le niveau de CVO et diminuer les royalties ?, propose Gilles Fouquin. Ainsi la CVO deviendrait un vrai poste de dépense en recherche et développement pour les agriculteurs ». Pour les malteurs aussi, le soutien à la recherche est essentiel. La France est le premier exportateur mondial de malt et le deuxième exportateur d’orge de brasserie. « Sans recherche, il n’y pas d’amélioration variétale, et nous risquons de perdre nos positions sur le marché mondial, explique Christian Leveau, responsable du développement variétal aux Malteries Soufflet. Or, le malt français est exporté à 80% donc il faut être compétitif ».

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