Dans une note d’orientation publiée le 9 avril, la Banque mondiale revient sur la hausse des prix, ses conséquences et les options offertes aux pouvoirs publics. L’organisation s’inquiète des conséquences pour les pays pauvres.
D’après la Banque mondiale, le prix du blé a grimpé de 181 % entre février 2005 et février 2008, tandis que les prix alimentaires progressaient de 83 %. Cette situation ne rassure pas l’organisation, qui s’inquiète du sort des pays en développement. Il faut dire que pour la seule année 2007, la hausse des prix de l’alimentation s’est chiffrée à 34 % au Sri Lanka, à 21 % au Costa Rica ou à 13,5 % en Egypte. Le 9 avril, elle a donc publié une note intitulée Hausse des prix alimentaires : options pour les pouvoirs publics et réponse de la Banque mondiale. Dans ce texte, elle encourage les différents Etats à mettre en œuvre des soutiens directs, voire quasi directs comme les timbres alimentaires, ciblés en direction des populations vulnérables. Il s’agit par exemple de programmes de transferts de vivres contre du travail ou d’aide alimentaire d’urgence. Des stratégies déjà mises en œuvre au Brésil, en Chine, en Ethiopie, en Egypte, au Mexique ou en Afrique du Sud. La Banque mondiale propose également de faire baisser les prix alimentaires sur le marché domestique… Mais pas n’importe comment.
Lever les obstacles au commerce
Elle déconseille par exemple les cartes de rationnement destinées à distribuer des produits subventionnés, car elles peuvent engendrer d’importants coûts fiscaux. L’organisation rejette également les restrictions aux exportations, des politiques ayant « un impact limité sur le niveau des prix du marché domestique, et un effet significativement négatif sur les gains des producteurs et exportateurs domestiques », signale la note. La Banque mondiale préconise avant tout la levée des barrières et taxes aux importations sur les produits de base.
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Les auteurs de la note signalent qu’à moyen terme, les Etats devront mettre en place des mesures stimulant l’offre de céréales vivrières. Des investissements dans les infrastructures sont et seront également nécessaires, pour améliorer le transport, l’alimentation électrique ou l’irrigation. La Banque mondiale se dit prête à accompagner les Etats qui le jugent nécessaire. Elle compte développer ses offres de financement sur le court terme, élargir l’accès aux programmes de protection sociale et aux instruments de gestion du risque ou augmenter les prêts à destination du secteur agricole africain.