En marge d'une journée bio organisée en interne à l'APCA (chambres d'agriculture), le 9 décembre, les professionnels de la filière ont rappelé que les conditions sont réunies pour que les grandes cultures bio gagnent du terrain.
A PRÈS le lait et d'autres productions d'élevage, le nouveau levier de la bio se situerait dans les grandes cultures. Pas étonnant : « En grandes cultures, le différentiel entre bio et conventionnel est à la faveur de la bio », a déclaré Etienne Gangneron, président de chambre d'agriculture, expert bio pour les chambres d'agriculture et président de l'Agence Bio, en marge de la Journée nationale bio à l'APCA, le 9 décembre. Depuis trois ans, l'instabilité des prix tire le revenu des producteurs de céréales conventionnelles vers le bas alors que « les prix en bio sont stables. Ils n'ont pas bougé depuis huit ans. Cette stabilité rassure ». Par ailleurs, la nouvelle Politique agricole commune prévoit une augmentation de 200 euros à 300 euros l'hectare pour la conversion des surfaces de grandes cultures en bio. Guy Vasseur, président de l'APCA (chambres d'agriculture) l'assure : « La demande en accompagnement pour les conversions va augmenter ». De fait, elle semble évoluer, en surfaces, au rythme de 2% l'an, selon l'Agence Bio. Dans l'édition 2014 des chiffres clés de la bio, l'agence écrivait encore que « le secteur des grandes cultures est sous-représenté en bio ». Au total, ce sont un million d'hectares qui sont cultivés en bio en 2013 et les grandes cultures représentent 20% du total. La majorité des surfaces cultivées en certification bio sont de l'herbe et des cultures fourragères.
PrudenceLes coupes budgétaires tempèrent l'enthousiasme de la filière. D'une part les chambres d'agriculture préviennent que les ponctions prévues sur leurs budgets risquent de réduire leur capacité à donner des conseils en matière de bio. « Il va falloir nous expliquer comment faire avec la baisse des financements », déplore Guy Vasseur. Le budget des chambres d'agriculture n'est pas le seul à être raboté. « Les aides au maintien de l'agriculture bio sont récentes mais leur suppression serait un signal massif à la déconversion », argumente Etienne Gangneron. Cette aide avait été jugée « peu légitime » par la Cour des comptes. En revanche, les aides à la conversion ne sont pas menacées. Dans le cadre de la régionalisation de la Pac, « on a tenu. Il devrait y avoir des aides à la conversion et au maintien dans la plupart des régions », assure Etienne Gangneron. Les derniers arbitrages doivent être finalisés d'ici la fin de l'année. Gilles Renart, directeur d'Axréal Bio, semble moins optimiste : « Nous n'avons pas les derniers arbitrages. Et selon les régions, Christophe Lecuyer (1) m'a rappelé que c'est très disparate». (CR)
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(1) Président de la Commission Filières Biologiques de Coop de France