La bioéconomie doit être « économique, rémunératrice et donc encouragée par la mise en place ou le fléchage d’outils incitatifs », a indiqué le 23 octobre le think tank Agridées, présentant ses propositions sur la bioéconomie. Agridées est notamment favorable au développement des paiements pour services environnementaux (PSE).
Cela peut paraître une tautologie : la bioéconomie doit être économique ! « Elle doit d’abord être économique, rémunératrice et donc encouragée par la mise en place ou le fléchage d’outils incitatifs », affirme Agridées dans sa brochure de 40 pages Bioéconomie : entreprises et société, une urgence à partager, mise en ligne le 23 octobre. « Cet objectif prioritaire doit être clairement affiché dans les politiques publiques », ajoute le think tank. La bioéconomie, c’est la valorisation de la biomasse, tant végétale qu’animale. Elle représente un chiffre d’affaires de 316 Mrd€ en France, dont 80 % sont générés par l’agriculture et l’agroalimentaire, les 20 % restants étant imputables aux industries du bois, du papier, des biocarburants, de la chimie et de la pharmacie. La bioéconomie a par ailleurs comme caractéristique de s’inscrire dans l’économie circulaire, les co-produits d’une activité devenant la matière première d’une autre.
Prendre en compte les efforts qui vont au-delà des pratiques reconnues
Des agriculteurs adoptent des techniques économes en énergie, en eau via l’agriculture de précision notamment, ou qui favorisent le stockage du carbone ou qui fabriquent des produits biosourcés à la ferme comme fertilisants, biostimulants, produits de santé des plantes, ou encore produisent des énergies renouvelables. « Ces efforts sont à prendre en compte car ils vont au-delà des reconnaissances de mise en œuvre de pratiques et moyens reconnus par des étiquetages spécifiques pour les consommateurs », souligne Agridées. Sans rémunération de pratiques et produits intégrant des démarches de bioéconomie, les producteurs agricoles « risquent de ne voir dans ces possibilités que contraintes et coûts supplémentaires ».
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Étendre l’utilisation des paiements pour services environnementaux
Dans la même logique, le think tank met en avant les Paiements pour services environnementaux (PSE), outils de rémunération qui peu à peu apparaissent. « Ils nous semblent être le bon moyen de rémunération à privilégier pour des producteurs agricoles selon leur contribution à la bioéconomie ». Ces PSE seraient versés aux agriculteurs par les entreprises d’aval, parce que ces productions sont nécessaires à la valorisation de leurs démarches biosourcées. Ils donneraient lieu à un contrat de droit privé stipulant une rémunération. Pour encourager la démarche, les entreprises d’aval « devraient inscrire ces PSE dans leurs comptes de RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) », selon Agridées. Il cite des cas possibles de RSE améliorée pour une entreprise : en privilégiant l’énergie renouvelable, l’écoconception de ses produits, le traitement de ses déchets. Pour lancer les PSE, il faut le rôle activateur des collectivités territoriales, par la fiscalité ou par d’autres types d’accompagnements. Luc Esprit, administrateur du think tank, ne voit pas nécessaire un recours à la loi pour étendre la pratique des PSE.
Sans rémunération, les producteurs risquent de ne voir dans ces possibilités que contraintes et coûts supplémentaires