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La boulangerie industrielle Marsan dépose le bilan, mais pas les armes

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> Victime simultanément d’un redressement judiciaire et de la perte de son plus gros client, Leader Price, le boulanger girondin Marsan, basée à Mérignac, vient de déposer le bilan.

Peter Mattey n’est pas homme à se laisser abattre. Marsan, la boulangerie industrielle qu’il a achetée en 1992 avec un associé, a connu pendant dix ans une belle croissance, grâce au rachat de deux de ses concurrents : la boulangerie Labouchède et la société Lagrave, rebaptisée « Les Erables ». En 2003, son entreprise a bouclé l’exercice avec un chiffre d’affaires de 9 millions d’euros.

Mais deux nouvelles arrivées coup sur coup sont venues troubler la marche de son entreprise et la rendre problématique… « Nous avons appris par l’un de nos fournisseurs que notre plus gros client, Leader Price, construisait un terminal de cuisson et qu’il allait nous lâcher prochainement », indique Peter Mattey. Cliente de la maison depuis dix ans, l’enseigne représente 17 % du chiffre d’affaires : « C’est avec eux que nous créons le plus, en matière d’emballage, ou autres. Près d’un quart des employés travaillent pour eux… »

L’optimisme reste de mise

Est venu s’ajouter un redressement fiscal, d’un montant de 700 000 euros, portant sur la taxe professionnelle. En fait, affirme le p.-d.g., au moment où il a souhaité installer son usine dans une zone franche près de Bordeaux, il a reçu la « promesse politique » d’être dispensé de taxe professionnelle s’il restait à Mérignac. « C’était important pour moi d’être moins taxé car j’avais besoin d’investir. Et puis mes concurrents principaux sont en Ariège ou dans l’Aveyron, des départements qui incitent à l’installation de PME… » Le Trésor public, qui ne savait rien de ces promesses politiques, vient de réclamer cette somme au dirigeant, qui s’est vu contraint de prononcer la cessation de paiement.

Il avoue avoir manqué un virage stratégique, faute de moyens, en restant une entreprise semi-artisanale. Le tribunal lui a donné six mois pour faire ses preuves, mais, dit-il, il faudra un an avant que Marsan ne gagne à nouveau de l’argent. « Je reste optimiste pour la suite, mais il va falloir ajuster le nombre de personnel à l’activité de l’entreprise. » Ce qui correspondrait à une trentaine de licenciements. Le dirigeant avoue craindre que les syndicats n’appellent à un mouvement social et viennent gâcher ce qui ne l’est pas encore.