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BVP/Structures La boulangerie s’européanise rapidement

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Le marché européen de la boulangerie évolue rapidement en particulier dans les nouveaux pays membres de l’UE dont les structures tendent à se rapprocher de celles d’Europe de l’Ouest. Le Gira montre, grâce à une étude sans précédent sur les 27 pays de l’Union, que la part de l’artisanat résiste bien dans les quelques pays où elle est majoritaire comme en France mais que partout la compétition est vive entre le frais et le préemballé. Pour l’avenir, si la croissance du marché global restera modeste, elle sera surtout tirée par le développement du surgelé destiné à des terminaux de cuisson. Et l’émergence de nouveaux groupes à vocation internationale promet de sérieux mouvements de consolidation qui se feront peut-être demain à l’échelle paneuropéenne.

Le tout premier Panorama des marchés européens de la boulangerie, viennoiserie et bâtisserie (BVP) dressé par le cabinet Gira L’ouvrage « The Gira European BVP & BVP Companies-Panorama 2006-2011 » présente, de façon harmonisée et comparable, chacun des marchés de l’UE et présente les profils des 75 sociétés les plus importantes de la BVP européenne. Contact : [email protected] présente l’intérêt de se concentrer sur les marchés du pain, de la viennoiserie et de la pâtisserie et en excluant les biscuits et les céréales, qui, explique Anne Frémeaux, rendent si souvent les chiffres inexploitables et sans intérêt pour les opérateurs du secteur. L’étude chiffre le marché de l’Union européenne de la BVP à 38,7 millions de tonnes en 2006, pour une valeur de près de 113 milliards d’Euros et prévoit qu’il progressera de 0,3% par d’an d’ici 2011.

Globalement, le marché de la BVP est dominé par le pain avec 83 % de la consommation totale, et les produits frais occupent 72 % de la consommation. La compétition entre produits frais et produits préemballés reste forte, avec toutefois de gros contrastes selon les zones :

– les produits frais restent majoritaires dans les pays « méditerranéens » (Portugal, Italie, Espagne, Grèce, ainsi que France) et chez la plupart des nouveaux membres de l’UE, alors que la BVP préemballée est largement consommée dans les pays dits « nordiques » (Scandinavie, Royaume-Uni, Irlande) ;

– l’évolution de la consommation montre une autre segmentation géographique, avec une croissance des produits frais à l’Ouest (UE à 15), alors que de meilleures perspectives se dessinent pour les produits préemballés à l’Est (les nouveaux Etats membres) ;

– enfin, même si les marchés restent petits par rapport aux produits frais ou préemballés longue conservation, partout de fortes perspectives de croissance se dessinent pour les produits préemballés précuits ou surgelés consommateur.

Les GMS, circuit n°1

En termes de distribution, le circuit GMS est désormais le premier circuit de distribution des produits de BVP avec 40 % des volumes – avec une part similaire dans l’UE à 15 et dans les nouveaux pays membres.

Des changements notables sont ob-servés dans les méthodes de production. Ainsi en 2006, la production artisanale ne représente déjà plus que 39% de la consommation de produits de BVP dans l’UE, contre 61% de fabrications industrielles. La fabrication artisanale reste dominante dans les pays de l’Europe du Sud (Italie, Grèce, France, Portugal, Espagne), alors que les produits d’origine industrielle constituent plus de 90% de l’approvisionnement dans les Pays Nordiques et Anglo-saxons.

Ce marché des produits industriels est estimé à 24 millions de tonnes en 2006, dont :

– 46 % sous forme de produits préemballés consommateur

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– 36 % sous forme de produits finis frais, destinés à la revente

– 18 % sous forme de produits de « bake-off », produits professionnels surgelés destinés à être cuits sur le point de vente et vendus comme produits frais.

Ce marché du « bake-off » représente de réelles opportunités pour les industriels de la BVP. Déjà au cours des cinq dernières années, il a été en forte croissance, de l’ordre de 7 à 8 % dans l’UE à 27 alors que le marché total de la BVP était ralenti (-0,3 % entre 2001 et 2006). Et la prévision du Gira est que le « bake-off » croîtra encore de 5,7 % par an jusqu’en 2011 quand le marché global n’évoluera que de 0,3 % l’an.

Naissance de grands groupes industriels

Le marché européen offre des perspectives indubitables pour les industriels et les investisseurs, estime le Gira, car le secteur, resté encore très fragmenté dans de nombreux pays, laisse la place pour de futures consolidations, comme le montrent la soixantaine de fusions et acquisitions dénombrées en 2006/2007 tant dans l’UE à 15 que dans les nouveaux pays membres.

Les sociétés industrielles de la BVP varient considérablement en taille, mais compte tenu de la largeur des gammes de produits, des différentes technologies (frais, préemballé, surgelé cru, précuit, prêt à cuire,…), et de la variété des circuits de distribution, même de petits industriels de taille familiale peuvent occuper une forte position sur leur segment.

En même temps que se développent de nouvelles technologies permettant d’améliorer l’efficacité du boulanger et d’abaisser ses coûts, on assiste à la création de groupes dynamiques à vocation internationale. A côté de grands industriels de la BVP de l’Europe de l’Ouest et du Nord (l’italien Barilla, le britannique Premier Foods, le suédois Lantmannen Unibake, le britannique Allied Bakeries, le français NutriXo, le suisse Hiestand, les finlandais Fazer et Vaasan & Vaasan, etc.) émergent de nouveaux groupes:

– en Europe Centrale et de l’Est, on citera United Bakeries (présent en République tchèque, Slovaquie et Hongrie), le belge Vanelor (Pologne, République tchèque), Agrofert Holding (Slovaquie, République tchèque)

– en Europe du Sud-Est (Grèce, Bulgarie et Roumanie), où Vivartia et l’autrichien Leipnik-Lundenburger Invest cherchent à consolider leurs positions.