Le groupe Coopagri Bretagne va poursuivre cette année les efforts d’adaptation industrielle de sa branche laitière dans un contexte de profonde mutation. Avec 214 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisé en 2005 dans les différentes valorisations du lait, le groupe coopératif peut se féliciter d’avoir mieux utilisé cette année la matière protéique.
Une bonne nouvelle pour la branche laitière du groupe Coopagri Bretagne : le groupe a amélioré en 2005 son mix produit et la matière protéique du lait a été mieux utilisée grâce à la croissance des fabrications de fromages, indique Jacques Guillou, président de la section laitière du groupe coopératif breton (214 millions d’euros, 600 salariés, en gros le tiers de l’activité du groupe ). Le pôle fromager de Laïta dans lequel Coopagri Bretagne détient 35 % des parts, à la même hauteur que Terrena et avec Even (30 %) – Laïta commercialise vers la grande distribution les beurres et fromages de ses actionnaires –, a vu ses volumes augmenter de 18 % en 2005, à 45 000 tonnes. Objectif affiché pour 2006 : atteindre 50 000 tonnes.
Il s’agit notamment des pâtes pressées cuites fabriquées dans la Fromagerie de l’Iroise (Ploudaniel, Finistère), des pâtes molles type brie, une spécialité de Terrena et des pâtes fraîches à tartiner. Coopagri Bretagne annonce qu’il va poursuivre ses investissements en ce sens.
Forte croissance des pâtes fraîches
A la tête d’une collecte de 477 millions de litres de lait (1800 producteurs), Coopagri Bretagne va investir entre 2006 et 2007, avec ses deux partenaires de Laïta « 10 millions d’€ dans les fromages : entre 4 et 5 millions dans la Fromagerie de l’Iroise (22 000 tonnes actuellement) pour améliorer le prix de revient, et 5-6 millions d’€ à Créhen (Côtes d’Armor) dans l’usine LNA spécialisée dans les pâtes fraîches à tartiner », explique Christian Griner, patron de la branche.
Dans cette usine actuellement dimensionnée pour atteindre 6000 tonnes de production en 2006, l’objectif consiste à atteindre 10 000 tonnes sous deux à trois ans. LNA bénéficie du dynamisme des marques de distributeurs pour lesquelles elle réalise l’essentiel de son activité.
Les demandes de la RHD et de l’industrie européenne, via LNA Consommations Professionnelles (filiale commune Coopagri-Terrena), participent également à la bonne tenue du chiffre d’affaires de la société. LNA possède par ailleurs une marque propre, « les Recettes de Madame Loïck ».
Une part de l’investissement « fromager » sera injectée dans l’usine d’Yffignac (Côtes d’Armor) dans le but de sécher sur place le lait habituellement destiné à prendre la route vers le nord du Finistère, vers la Fromagerie de l’Iroise. But de l’opération : réduire le coût d’approche en ne transportant que la matière protéique du lait.
Coopagri Bretagne a un autre projet dans ses cartons fromagers : participer avec Eurial Poitouraine et Terrena à la construction à Herbignac (Loire-Atlantique) d’une usine à mozarella Cf Agra alimentation n° 1912 du 12.01.06 p. 23. Coopagri Bretagne pourrait y apporter l’équivalent de 50 millions de litres de lait à transformer, soit un peu plus de 10 % de sa collecte.
Effort marketing accru sur le beurre « Paysan Breton »
Au chapitre des matières grasses, l’autre versant du lait dont la situation reste difficile, Coopagri Bretagne a d’ores et déjà engagé un effort d’adaptation. En 2005, il a fermé le petit outil qu’il possédait à 50-50 avec Terrena à Créhen, aux côtés de l’usine de pâtes fraîches. « Nous avons transféré 2500 tonnes vers notre beurrerie de Landerneau, Terrena a rapatrié 3500 tonnes vers Ancenis », précise Christian Griner.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le pôle beurrier de Laïta fonctionne désormais avec ces deux principales unités, de 20 000 tonnes environ chacune. La décision de massifier les outils était rendue indispensable par la conjoncture, « avec un décalage de 60 % entre le prix (français) et le cours mondial ». Mais dans ce métier, Coopagri Bretagne dispose d’un atout précieux : sa marque « Paysan Breton ».
Sur le marché français, elle arrive en seconde position derrière « Président » (Lactalis), avec 9 % de parts de marché contre 16 % au leader, selon les chiffres de Christian Griner. « Paysan Breton » arrive en tête des ventes en France de beurres moulés.
Pour conserver ses positions, notamment selon le scénario d’après réforme de la loi Galland selon lequel les places dédiées aux marques se réduiront au profit des marques de distributeurs, Laïta va renforcer cette année son budget marketing. Le beurre « Paysan Breton » apparaît cette année dans des spots publicitaires à la télévision, ce que Coopagri Bretagne n’avait plus réalisé depuis quelques années.
Avec ses beurres plaquettes vendus à sa marque, mais aussi sous marques de distributeurs, Coopagri Bretagne valorise 92 % de sa matière grasse. Reste 8 % vendus en cubes de 25 kilos aux industriels ou à l’intervention.
Des produits industriels déficitaires
Quant aux poudres, Coopagri Bretagne s’appuie sur deux activités bien distinctes. Les laits en poudre, laits concentrés et laits infantiles vendus sous marque « Régilait » (20 200 tonnes) dont il détient 25 % avec Even (25 %) et Sodiaal (50 %) se portent bien. Coopagri Bretagne annonce une part de marché de 56 % en France et des marchés florissants à l’exportation (41 % des ventes), en particulier sur le bassin méditerranéen.
En revanche sur les produits industriels – 45 000 tonnes de caséines et caséinates essentiellement élaborées en partenariat avec Terrena dans trois usines (Ancenis, Créhen et Yffignac dans les Côtes d’Armor) –, l’activité reste déficitaire. Dans ce secteur, Coopagri Bretagne a travaillé avec l’ensemble de ses collègues pour réfléchir à la mise en œuvre de stratégie commune. Mais rien n’en est encore sorti, selon Christian Griner.
Quant à un rapprochement des structures des trois actionnaires de Laïta, Jacques Guillou indique que « ça se discute, et que ça va venir». Pour sa part, Christian Griner précise qu’il faut que « cela puisse améliorer les coûts de fonctionnement ».
Le GIE Laïta décide déjà des investissements et assure l’ensemble de la recherche et développement. « Aucune croissance externe n’est prévue actuellement, mais les participations dans Laïta pourraient bouger dans le but de simplifier les structures », poursuit le directeur de la branche.