La brasserie basée à Arques (Pas-de-Calais) investit 30 M€ et lance deux bières bio, la Goudale pour la grande distribution et une nouvelle marque dédiée aux enseignes spécialisées bio d’ici à l’été.
Pas une année sans investir massivement ! Après avoir consacré 20 M€ en 2020 pour créer un troisième entrepôt (15 000 m2), portant sa capacité totale de stockage à 71 000 m2, et se doter de nouveaux appareils de filtration, la Brasserie Goudale remet 30 M€ sur la table en 2021. « Un investissement financé à parité sur fonds propres et par emprunt qui sert à créer un deuxième groupe dédié aux bouteilles de 75 cl pour nos bières Goudale, Triple Secret des Moines et MDD et pour passer à une cadence de 35 000 cols par heure contre 15 000 auparavant », précise André Pecqueur, son président. L’investissement concerne également l’installation, fin mars, de neuf nouvelles cuves de garde de 6 000 hl chacune, en sachant que la brasserie est aujourd’hui dimensionnée pour produire 2 millions d’hectolitres par an. En novembre, elle avait également créé un nouveau groupe dédié aux magnums (1,5 l) et aux fûts (5 l) pour ses G de Goudale et Goudale. Et avec un terrain de 15 ha dans la zone d’activités d’Arques (Pas-de-Calais), elle a encore de la réserve foncière pour continuer son expansion.
Les promesses du bio
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Sur un marché de la bière toujours en forte croissance (CA 2020 : 4,334 Mrd€ à +11,1 % pour 16,463 Mhl à + 8,5 %, tous circuits confondus, source Iri), Goudale décide aussi de miser sur le segment du bio. « Nous venons de lancer la Goudale bio dans toutes les enseignes de la grande distribution conventionnelle à la fois en bouteille de 75 cl et en pack de 6 x 25 cl », poursuit André Pecqueur. Et, d’ici à l’été, la création d’une nouvelle marque dédiée aux enseignes spécialisées bio est également prévue. Pour faire face aux problèmes d’approvisionnement en houblons bio qui touchent la filière brassicole (sur les 505 ha de houblons plantés en France seuls 37 ha sont labellisés bio), André Pecqueur dit avoir signé des contrats avec des planteurs des Flandres sur trois variétés pour une durée de dix ans. Il faut dire que même si le segment bio pèse 1,4 % en valeur et 0,8 % en volume du marché total des bières (pour respectivement 62,8 M€ et 137 261 hl en 2020), il enregistre une croissance annuelle supérieure à 40 % depuis 2016. Pour l’instant, il n’était animé que par des brasseries familiales (Castelain, Brasserie de Bretagne, Brasserie de Vézelay, Moulins d’Ascq, Brasseurs Savoyards, etc.), les grands groupes brassicoles (Heineken et sa Fischer bio, Kronenbourg et sa 1664 bio, AB InBev et sa Ginette) n’y faisant que de timides incursions. L’arrivée de Goudale, avec ses capacités importantes de production, d’investissement et de commercialisation, devrait changer la donne. Malgré la fermeture des CHR qui représentent 10 % de ses ventes, la brasserie d’Arques a en effet vu son chiffre d’affaires passer de 94 M€ en 2019 à 118 M€ l’an dernier, plus de 25,5 % de croissance portés par l’activité en GMS principalement sur ses marques nationales même si les MDD pèsent toujours 20 % de son activité.