Fin juin, la brasserie bio Moulins d’Ascq lancera la production de son nouveau site de Villeneuve d’Ascq (Nord), résultat d’un investissement ambitieux de 4,5 M€ qui permettra à cette TPE (douze salariés) de porter sa capacité à 22 000 hl.
Malgré la Covid-19 et la fermeture des CHR qui représentent 25 % de ses ventes, la brasserie Moulins d’Ascq confirme ses ambitions. Créée en 1999 à Villeneuve d’Ascq (métropole lilloise) par Mathieu Lepoutre, et labellisée bio dès son origine, elle va transférer à compter d’avril son site de production actuel, basé à la Ferme du Sens, dans le parc d’activités de la Plaine situé à moins d’un kilomètre. « À la Ferme du Sens, nous étions locataires, à l’étroit, sans possibilité de nous agrandir et avec déjà trois zones de stockage à l’extérieur. Au Parc de la Plaine, nous achetons un terrain de 6 000 m2 où nous construisons un bâtiment de 1 500 m2 dont une nouvelle salle de brassage de 400 m2, ce qui représente un investissement total de 4,5 millions d’euros financés par emprunt avec une subvention de 300 k€ du Feder, la partie brasserie mobilisant 1,8 million d’euros à elle seule », précise Mathieu Lepoutre, fondateur (62 ans) et associé, depuis 2015, à Alban Decoster (40 ans).
Pionnière du bio
Cet investissement permet de porter sa capacité de production à 22 000 hl, contre 8 000 hl actuellement en sachant que Moulins d’Ascq écoule 9 000 hl par an dont 1 000 hl sous-traités à un partenaire. Au parc d’activités de la Plaine, la production débutera en juin avec une phase transitoire durant laquelle les deux sites tourneront de concert pour un transfert d’activité définitif en septembre. « Nous embaucherons au moins deux personnes supplémentaires dont une dédiée au bar de dégustation et à la boutique qui occuperont 200 m2 et fonctionneront dès la réouverture des CHR », précise Mathieu Lepoutre.
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Pionnière du bio, la brasserie Moulins d’Ascq a réussi à développer progressivement son activité, sa production ayant quintuplé ces dix dernières années. Elle a développé l’enfûtage en 2015 à destination du réseau régional des CHR qui représente désormais 25 % de ses ventes, les 75 % restants concernent les bières en bouteilles (33 et 75 cl respectivement à 2,10 et 4,50 € en PVC) vendues à parts égales dans la grande distribution conventionnelle et les enseignes bio, Biocoop en tête qui l’a soutenue dès sa création.
Déclinées en cinq gammes (blonde, ambrée, triple, blanche et IPA), auxquelles s’ajoutent les brassins saisonniers (printemps, été, Noël), ses bières se développent grâce au moins à deux qualités porteuses sur le marché : le bio, une méthode de production et des recettes artisanales en utilisant notamment de la levure fraîche nécessitant une parfaite maîtrise brassicole. Depuis sa création, elle se fournit en houblons bio de Bavière pour 80 % de ses besoins, le reste provenant du Comptoir Agricole (Alsace) et de fournisseurs américains pour ses IPA dont la toute dernière « Brute » lancée en juin 2020. Malgré la fermeture des CHR, la brasserie de douze salariés a réalisé, durant son exercice 2019/2020 (clos en juin), un chiffre d’affaires de 2,75 millions d’euros, en légère croissance et prévoit de boucler l’exercice en cours à 3 millions d’euros.