Désormais réglementé par l'Europe, le nouvel étiquetage nutritionnel sera obligatoire sur l'ensemble des denrées alimentaires préemballées à partir du 13 décembre 2014, avec une mise en conformité jusqu'à fin 2016. Pour répondre à ces nouvelles exigences, les entreprises bretonnes de l'agroalimentaire viennent de publier un guide à valeur explicative.
« Jusqu'ici, l'étiquetage nutritionnel était facultatif", explique Sylvie Meunier, respon-sable qualité du groupe Cecab dans le Morbihan. « Désormais, l'information du consommateur devient obligatoire ». Aux côtés d'autres responsables qualité, elle a rejoint la commission nutrition-santé au sein de l'ABEA, Association bretonne des entreprises agroalimentaires, syndicat professionnel qui défend les intérêts de la filière et qui compte 175 adhérents. La commission travaille depuis 2011 à rendre plus lisible le texte proposé par l'Union Européenne. « Il est très complexe et indigeste. Il nécessite une interprétation », assure Sylvie Meunier. « Ensemble, nous avons décortiqué cette réglementation et proposons aujourd'hui une mise en lecture à l'ensemble des membres de l'ABEA et même au-delà », indique Marine Loisel, chargée de mission à l'ABEA et animatrice de la commission nutrition. L'objectif ? Permettre aux entreprises de l'agroalimentaire de gagner du temps dans la compréhension de ces nouvelles exigences, de mettre en pratique la méthodologie et de rendre ainsi homogène l'étiquetage nutritionnel au niveau européen.
PLUS DE TRANSPARENCE POUR LE CONSOMMATEUROn apprend alors que le terme lipide sera remplacé par matières grasses, et valeurs énergétiques par énergie. Les photos de fruits seront bannies des yaourts qui sont seulement aromatisés. Les sigles seront globalement gommés de l'étiquette. Cela doit permettre au consommateur de bénéficier d'une meilleure information sur la valeur nutritionnelle d'un paquet de biscuits, d'un plat préparé, d'une verrine ou d'un produit brut et emballé. « Remettre en conformité l'étiquetage demande du temps, de l'argent, de la validation et la gestion des stocks », commente Thierry Oboyet, responsable nutrition au sein de la coopérative finistérienne Triskalia. « Cela fait déjà 18 mois que nous travaillons sur l'ensemble des gammes de produits ». Et ce changement d'étiquette a un coût. En effet, les allégations nutritionnelles nécessitent désormais une analyse validée en laboratoire. Avec un surcoût qui s'élève à 250 euros l'analyse.
Pour les ingrédients qui rentrent dans la composition d'un produit élaboré, les mentions sont elles aussi obligatoires. « En fait, il s'agit d'une fiche technique qui doit reprendre les mêmes données que l'étiquetage nutritionnel. La demande de la part des clients est déjà très forte », observe Rudy Calmes, responsable qualité de Solina en Ille-et-Vilaine, industrie spécialisée dans la fabrication de sauces, bouillons, marinades et assaisonnements.
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« Aujourd'hui, les tableaux de valeurs nutritionnelles sont un peu anarchiques, reconnaît Marie-Pierre Cocault de Geldelis en Ille-et-Vilaine. Désormais les informations seront mieux cadrées et détailleront de manière explicative les allergènes par exemple.» Les étiquettes laisseront moins de place au marketing. Le consommateur pourra alors comparer la valeur nutritionnelle de l'ensemble des aliments pour déterminer son choix en terme d'achat.
Pour autant, le nouvel étiquetage n'est pas encore figé. De nouveaux textes doivent sortir dans les mois à venir, entraînant des changements sur le tableau final. « Nous avons une vraie angoisse vis-à-vis de cette obligation car tout n'est pas encore détaillé », indique Philippe Chancerel, directeur recherche et développement chez Hénaff dans le Finistère. « Faudra-t-il encore dépenser 100 000 euros pour changer tous les étiquetages dans six mois ou un an ? », s'inquiète-t-il. La directive doit également à terme permettre aux industriels de tirer vers le haut la nature ou la valeur de leurs ingrédients. En réponse à une demande grandissante des consommateurs. « Evidemment, une entreprise qui utilise de l'huile de palme réfléchira peut-être à la supprimer de sa composition pour que la mention n'apparaisse pas sur l'étiquette », remarque Rudy Calmes. Idem pour le taux de sel ou de matières grasses...
Le guide des bonnes pratiques de l'étiquetage nutritionnel, édité à 600 exemplaires, est disponible sur demande auprès de l'ABEA : [email protected].