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La Californie place le biodiesel en tête des carburants pour le CO2

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Le biodiesel offre la meilleure efficacité carbone par rapport aux autres carburants liquides, selon l'Agence pour la qualité de l'air de Californie (California Air Resources Board, Carb), a rapporté le 7 octobre Estérifrance, le syndicat professionnel français des producteurs d’esters méthyliques d’huiles végétales. Ces données relancent l’intérêt du biodiesel et des biocarburants en général, dans le délicat dossier international du changement d’affectation des sols.

Le biodiesel est, parmi les carburants, celui qui, tout au long de la chaîne (de la production à la consommation), émet le moins de CO2, d’après une étude du Carb, clôturant sept ans de travaux. En grammes d’équivalent CO2 par mégajoule, le biodiesel d’huiles usagées vient en tête, avec seulement 19,87g. Il est suivi du biodiesel de graisses animales (32,8g), puis du biodiesel de colza (50,23g). L’éthanol de maïs génère 80,1g, tandis que les carburants fossiles figurent en queue de liste : l’essence (99g) et le diesel (102,8g). Le Carb prend en compte l’ensemble du cycle de vie du biodiesel, de l’amont agricole à l’aval industriel, sans oublier les étapes de raffinage et de transport.

Une étude passée au crible de deux auditions publiques

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Estérifrance salue ce travail du Carb « et les perspectives prometteuses qu’il met en évidence en matière d’alternatives renouvelables ». En effet, souligne le syndicat, l’État californien s’est appuyé sur ces travaux pour faire évoluer sa réglementation en matière de carburants. En Californie, la nouvelle réglementation et l’analyse environnementale ont été mises à disposition du public. Elles ont en outre fait l’objet de deux groupes de travail en 2014 et de deux auditions publiques en 2015, ajoute Estérifrance.

Ces travaux pourraient inspirer une étude similaire européenne qui devrait être publiée « sous peu », selon le syndicat des estérificateurs. Cette étude devrait modéliser le changement d’affectation indirect des sols (Iluc). Elle pourrait servir de base à la révision de la directive Iluc prévue en 2017, et contribuer à la définition de la future politique européenne des biocarburants pour la période post-2020. Réalisée pour le compte de la Commission européenne, cette étude « revêt ainsi une importance majeure » pour les filières françaises et européennes des biocarburants. Or, ces filières « ont à plusieurs reprises dénoncé le manque de transparence entourant la méthodologie employée », craignant de se voir littéralement exclues du débat concernant leur avenir et celui des énergies renouvelables en Europe. Cette étude « génère de grandes inquiétudes au sein des filières des biocarburants, l’accès aux informations méthodologiques leur étant fermé », alerte Estérifrance.

MN