Abonné

Pesticides La campagne de l’UIPP attaquée à Rennes

- - 3 min

Au tribunal de grande instance de Rennes a eu lieu le 9 mars, à la demande de plusieurs associations, une audience en référé visant à suspendre la campagne de publicité en faveur des pesticides agricoles lancée le 10 février en presse-magazine par l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Le tribunal rendra sa décision le 16 mars.

Dans une salle pleine de manifestants venus avec des pancartes portant des slogans tels que « Le poids des euros, le choc des phytos », le juge des référés a entendu les avocats des deux parties : l’UIPP et les magazines assignés d’une part ; les associations qui attaquent la campagne publicitaire de l’UIPP d’autre part : le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), Eau et rivières de Bretagne, Euronat, le Syndicat national des apiculteurs et le Moulin Marion (meunier bio).

Eaux et rivières de Bretagne a réclamé la suspension de la campagne publicitaire qu’elle juge mensongère et qui n’évoque selon elle « en aucune manière, la moindre précaution à prendre dans l’utilisation des pesticides de synthèse ». De son côté, Me Pierre-Yves Le Mazou, avocat du MDRGF, a dénoncé « le mensonge fondateur de l’UIPP », selon lequel « on est condamné à manger de la chimie », par le biais des produits utilisés en agriculture. Me Le Mazou accuse les fabricants de pesticides de « propagation de fausse nouvelle ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

pesticides
Suivi
Suivre

Atteinte à la liberté d’information

De leur côté, les avocats de la défense ont mis en avant que la campagne publicitaire concernaient des « produits licites en vente libre » qui avaient respecté une « procédure d’homologation ». Selon la défense, représentée notamment par Me Jean-Luc Soulier, « il n’y a dès lors pas lieu » d’interdire une telle campagne. La défense a également assimilé l’interdiction de la publicité à « une atteinte à la liberté d’information », selon les plaignants. Les avocats des publications à qui un droit de réponse a été demandé par le MDRGF ont, eux, plaidé la nullité de la procédure. Au terme d’une audience de deux heures, le tribunal a annoncé qu’il rendra sa décision le 16 mars à midi.

« Dans l’attente du verdict, je suis convaincu que cette campagne est transparente et légitime. De plus, le Bureau de vérification de la publicité nous avait donné le feu vert pour cette publicité », explique Jean-Charles Bocquet, directeur général de l’UIPP.