Après une campagne 2002/2003 difficile, les vins de Bordeaux et bordeaux supérieur enregistrent un meilleur démarrage pour la campagne en cours, a déclaré le Syndicat viticole des bordeaux et bordeaux supérieurs le 22 janvier à Paris. Leurs prix bas favorisent les ventes mais, associés à une petite récolte, ils risquent de faire baisser les revenus des producteurs qui, pour certains, connaissent déjà des difficultés économiques.
Sur la dernière campagne, les appellations bordeaux et bordeaux supérieur ont affiché un repli de -7% en volume sur les rouges et «plus important» pour les blancs en raison d’un manque de disponibilité, selon le syndicat.
En restauration hors domicile, où s’écoule près du tiers des ventes de bordeaux, celles-ci ont reculé de 300 000 hl l’an dernier.
A l’exportation (environ 35% des ventes de bordeaux), les ventes ont marqué le pas (6% en volume par rapport à la campagne précédente) avec une baisse de 10% en Europe (qui concentre 70% des volumes exportés) et -5% sur Pays tiers.
Cependant, la commercialisation directe des viticulteurs (vers les consommateurs particuliers, les cavites, voire l’export), hors négoce, est restée positive (+8%).
La progression des bordeaux clairet s’est poursuivie (+11%) ainsi que celle des bordeaux supérieurs sur le marché des bouteilles. La part du vrac a diminué dans les bordeaux rouges au profit de la vente en bouteilles.
Prix stable au tonneau
Sur cette campagne, les appellations bordeaux et bordeaux supérieur offrent des prix compétitifs. Une grande surface a même vendu récemment des bouteilles à 1,25 euro pièce. Le prix moyen au tonneau reste stable pour le bordeaux rouge, à 1047 euros le tonneau pour les retiraisons vrac contre 1095 l’an dernier et 1200 euros pour les retiraisons en bouteilles. La fourchette de prix s’élargit en fonction des qualités. «Il s’agit là d’un phénomène très positif susceptible de susciter une motivation importante pour les viticulteurs», note le syndicat
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Ces prix expliquent que la campagne 2003/2004 a bien démarré, selon le Syndicat. Les contrats entre viticulteurs et négoce sont en progression de 11% et de 32% par rapport à la fin décembre 2002.
«E n dépit d'un contexte économique délicat pour l'ensemble de la filière, nos appellations occupent toujours une place de leader», a affirmé Rémi Garuz, vice-président du syndicat des AOC bordeaux et bordeaux supérieur.
300 viticulteurs en difficulté
Mais si les volumes de vente sont en progression, les prix d'achat aux producteurs sont en baisse d'environ 5%, a ajouté Rémi Garuz.
La faible récolte causée par la sécheresse, de 2003 (5,5 millions d'hl dans la région) a permis au Bordelais de ne pas dépasser en production le volume commercialisé, évitant une grave crise. Cependant, sur un total de 13 000 viticulteurs dans le Bordelais, 300 sont considérés dans une situation difficile (avec des créances douteuses et litigieuses) et 300 ont une trésorerie difficile, selon Rémi Garruz, également président délégué du Crédit agricole d'Aquitaine.
D’autre part, le Syndicat des AOC bordeaux et bordeaux Supérieur, va organiser, le 5 mars à Paris, un colloque avec la participation de sociologues, de médecins et de chercheurs pour évoquer les apports du vin dans la société et son rôle positif sur la santé.