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Céréales La campagne d’exportation se déroule plutôt bien

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Les objectifs ambitieux que l’OniGC a fixés dans ses bilans concernant les exportations de blé, notamment, semblent pouvoir être atteints. La concurrence reste importante, soutenue par la faiblesse de certaines monnaies par rapport au dollar.

«Exporter 9 Mt était un espoir le mois dernier, qui paraît aujourd’hui réaliste », a indiqué Patrice Germain, directeur adjoint de l’OniGC (Office national interprofessionnel des grandes cultures), à propos des ventes de blé tendre, le 10 décembre, en conférence de presse à Montreuil. 4,3 Mt de la céréale ont été vendues à l’étranger en cinq mois. Il ne reste donc que 4,7 Mt à exporter sur sept mois. L’Egypte a acheté tout récemment 120 000 tonnes de blé français, alors qu’il coûtait 10 $/t de plus que les offres les plus faibles. « Nous avons une compétitivité en blé meunier liée à la qualité de nos produits », a indiqué Patrice Germain. Cependant, la concurrence reste importante, compte tenu des volumes récoltés mais aussi de la dévaluation des monnaies.

Compétitivité accrue de la Hongrie et de l’Ukraine à l’export

En quelques semaines, l’euro et le rouble ont perdu respectivement 25 % et 20 % par rapport au dollar, mais le forint hongrois a décroché de 40 % tandis que la hryvnia ukrainienne chutait de 70 %. Ces dépréciations monétaires ne sont probablement pas pour rien dans la hausse de 12,8 % des chargements enregistrée au niveau mondial ces derniers mois : c’est en Ukraine, en Russie et en Europe que les départs ont le plus augmenté, alors qu’ils baissaient aux Etats-Unis. Sauf que sur le plan régional, l’OniGC estime que ce regain de compétitivité de la Hongrie et de l’Ukraine pourrait poser problème à la France en maïs et en orge. Or, pour les céréales secondaires comme pour le blé, l’Hexagone va avoir besoin d’exporter sur pays tiers, sous peine d’assumer des stocks excessifs pour la campagne à venir. Pour l’instant, l’OniGC prévoit tout de même 9 Mt de stock de report pour les trois céréales.

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Déjà des offres à l’intervention

La lourdeur du marché et la faiblesse des cours ont déjà poussé certains Etats membres à se servir de l’intervention. 35 000 tonnes de céréales, dont 23 600 tonnes d’orge et 8 700 tonnes de maïs, ont été offertes à la Commission jusqu’à présent, notamment dans les pays de l’Est. « Sur orge et sur maïs, nous ne sommes pas au bout de la baisse », a indiqué Patrice Germain qui estime que les 700 000 tonnes de mises à l’intervention allouées en maïs pour la campagne 2008/2009 par la Commission ne constituent pas « un bouclier suffisant » contre la réduction des prix.

Une bonne nouvelle toutefois : les récoltes de blé de l’Hémisphère sud ne se déroulent pas aussi bien que prévues. L’Australie ne récolterait guère plus de 20 Mt en raison de problèmes de sécheresse durant la campagne puis d’humidité à la récolte. Et l’Argentine pourrait n’avoir que 6 Mt à exporter au lieu de 10 Mt, qui se maintiendraient peut-être dans sa zone de chalandise proche.