Après une campagne 2014-2015 décevante, la campagne de pommes à venir s'annonce meilleure selon les dires de l'Association nationale pommes poires (ANPP). Forte d'une année d'expérience d'embargo russe, la filière semble avoir tiré les leçons pour repartir du bon pied.
« Cette année, la récolte est abondante et sans excès, la précocité est normale, les calibres et la qualité des pommes sont satisfaisants grâce au climat chaud de cet été : nous sommes confiants » a déclaré Vincent Guérin, responsable des affaires économiques de l'ANPP, à Agra Presse le 8 septembre. Si en Europe les volumes devraient être en hausse (+10% en France), les Etats-Unis et le Canada devraient voir leur production en recul. Une aubaine pour la filière française, d'autant plus que la campagne débute sur un « marché propre » (sans stock) et que l'augmentation de l'offre conjuguée à l'élargissement de la gamme va de pair avec une demande en hausse.
Une campagne 2014-2015 médiocre
De bonnes nouvelles après une campagne 2014-2015 difficile pour les producteurs français, avec des cours moyens annuels en baisse de 6% environ par rapport à la campagne précédente selon Vincent Guérin. La campagne avait débuté particulièrement mal, avec des stocks résiduels de la campagne 2013, des volumes conséquents dans toute l'Europe et le coup fatal de l'embargo russe. « Un mouvement de panique s'est fait ressentir, car les producteurs ont craint de ne pas réussir à écouler leur marchandise. Du coup, ils ont concédé des prix particulièrement bas », explique Vincent Guérin. La seconde partie de campagne a permis de limiter la casse : « Les producteurs ont vu qu'ils trouvaient de nouveaux débouchés malgré l'embargo, ils ont mieux négocié les prix et les cours sont repartis à la hausse, au-dessus de ceux de la campagne précédente ». Si le bilan final est plutôt médiocre, certains s'en sont sortis mieux que d'autres, en particulier les producteurs de variétés franco-françaises ou de variétés marketées « club » qui ont moins souffert de la concurrence européenne. Les agriculteurs spécialisés dans les variétés internationales ont quant à eux vécu une année douloureuse.
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« Après un an d'expérience d'embargo russe, on sait mieux comment s'organiser. Il y a moins de craintes car on a bien vu que l'on est en capacité de trouver de nouveaux débouchés » explique Vincent Guérin. L'expérience ajoutée à des conditions météorologiques et économiques favorables permettant de se projeter vers un avenir plus serein. « On espère que ça va continuer ! »
Les intempéries qui se sont abattues sur le Sud-Ouest la première semaine de septembre pourraient causer la perte de 20 000 tonnes de pommes, a estimé Vincent Guérin. Les dégâts auraient pu être pires selon lui : les gala, variété du moment, avaient heureusement déjà été récoltées. La canada et l'ariane devraient être les variétés les plus touchées. « Certains agriculteurs ont tout perdu, témoigne M. Guérin, mais au niveau macroéconomique, les dégâts restent limités : cela représente moins d'1% de la production nationale ».