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Chanvre et lin La Cavac développe son débouché des biomatériaux auprès des agriculteurs

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La Cavac, coopérative agricole de Vendée, développe son débouché des biomatériaux isolants, issus du chanvre et du lin, auprès des agriculteurs, un marché particulièrement réceptif, a-t-elle indiqué le 22 avril. À en croire les dirigeants de la Cavac, le marché des biomatériaux isolants n’en est qu’à ses débuts.

La Cavac a décidé de communiquer auprès des agriculteurs sur les biomatériaux isolants qu’elle produit à partir de chanvre et de lin. Elle voit chez les agriculteurs, qu’elle connaît bien, un marché particulièrement réceptif en raison de la proximité professionnelle et en raison de leur familiarité avec ce genre de produits.
En effet, « habitués au bricolage, les exploitants agricoles sont souvent de fidèles clients des négoces de matériaux, notamment pour la rénovation de leurs habitations (granges, corps de ferme, ...) ou de leurs bâtiments agricoles (bâtiments volailles, porcins, ...) », a-t-elle précisé.

Une écoute du marché « du champ au chantier » 

La coopérative fait valoir le fait que les agriculteurs choisissent « un isolant naturel et performant, directement issu de la filière agricole ». « Une vraie fierté, d’autant qu’il s’agit d’une production 100% française », ajoute la Cavac.
« Nous avons fait le choix de communiquer auprès des agriculteurs, parce que nous savons que ces produits leur correspondent et parce que nous sommes à l’écoute, du champ au chantier », a résumé Olivier Joreau, directeur adjoint de la Cavac chargé du développement et de la finance et directeur de la filiale Cavac Biomatériaux de la coopérative, constituée en 2008.
La coopérative est en train de développer le marché d’un biomatériau appelé Biofib’Duo, isolant d’origine renouvelable à base de fibres végétales de chanvre et de lin. Les bio-matériaux de la Cavac sont vendus à des négociants comme Raboni, Gedimat, Point P, Tout Faire Matériaux.

Le principe de la bioraffinerie : utiliser toute la plante

Un avantage écologique autant qu’économique de l’utilisation du chanvre et du lin est que « la plante entière est valorisée », ce qui est le principe de la bioraffinerie et de la bioéconomie, qui ne génère pas de déchets. En effet, d’une part les graines des deux plantes sont utilisées pour la fabrication d’huile en alimentation humaine haut de gamme pour la diététique en raison de leur teneur équilibre entre acides gras omégas 3 et oméga 6, et pour l’alimentation animale. D’autre part, leur paille est utilisée comme source de fibre pour faire des isolants et des panneaux de laine. Enfin, dans le cas du chanvre, la partie intérieure de la tige, la chenevotte, est valorisée elle aussi. Elle entre dans la fabrication du béton de chanvre. La chenevotte est pour cela mélangée à de l’eau et à de la chaux, explique Olivier Joreau.
Pour compléter cet aspect écologique et économique du chanvre et du lin, ces deux plantes nécessitent peu d’intrants. « La culture du chanvre n’a pas besoin de traitements phytosanitaires, et le lin très peu », souligne Olivier Joreau. Enfin, ces deux plantes sont des têtes d’assolement appréciées. Le chanvre améliore de 10% le rendement des céréales qui suivent, a-t-il affirmé. Il ramène en surface des nutriments du sol et restructure le sol par ses racines profondes d’un mètre.

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