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Fruits d’été La cerise, premier produit de saison en crise

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La cerise est le premier fruit d’été de l’année 2010 à avoir connu une crise conjoncturelle, marquée par des cours anormalement bas. La sortie de crise, le 17 juin, a surtout été le fait des pluies qui se sont abattues dans le sud-est et le sud-ouest de la France, et qui ont réduit l’offre.

La cerise a connu deux semaines de crise conjoncturelle officielle. Au 16 juin, la cerise était en situation de crise conjoncturelle depuis 14 jours, indiquait le Service des nouvelles du marché (SNM), qui dépend du ministère de l’Agriculture. Le qualificatif de « produit en crise » est attribué à la cerise quand son prix est « anormalement bas » plus de deux jours consécutifs. La situation de prix « anormalement bas » est décrétée quand le prix de ce produit est inférieur de 20% à celui de la moyenne des cinq dernières années pour la semaine observée. Ces critères ont été ceux de la cerise pendant les deux premières semaines de juin.
Les prix de la cerise calibre 24 mm au stade expédition ont stagné à 2,40 euros le kilo jusqu’au lundi 14 juin inclus. Compte tenu des coûts de calibrage et d’emballage, ce prix « départ station » correspond à un prix de 1,70 euro au producteur, a indiqué Nicolas Benz, président de l’AOP cerise (l’association d’organisations de producteurs de cerise). « Étant donné que les frais de cueillette sont de 1,50 le kilo, les 20 centimes qui restent au producteur ne permettent pas de couvrir les charges fixes du verger », a-t-il commenté.

Modération des marges : première application de l’accord
Devant la faiblesse des cours, cinq enseignes ont décidé d’appliquer, pour la première fois, l’accord de modération des marges applicable au secteur des fruits et légumes, a annoncé le 11 juin la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Cet accord de modération des marges a été signé solennellement à l’Élysée le 17 mai par les producteurs et les distributeurs. Ces cinq enseignes sont Carrefour, Casino, Auchan, Système U et Cora. Cette formule consiste pour les enseignes à pratiquer des marges inférieures ou égales à la moyenne pratiquée sur le rayon des fruits et légumes au cours des trois années précédentes. Associée à des opérations de mise en avant des produits dans les magasins, elle est censée permettre aux consommateurs de bénéficier des prix bas à la production, et ainsi de relancer la consommation.
Pour Nicolas Benz, cette solution « n’est qu’un paramètre » de la relance de la demande. Pour stimuler les achats, il faut que le produit soit davantage mis en évidence dans les rayons. Il faut qu’il soit « plus visible en cette saison où la cerise est un petit événement, attendu par les consommateurs ». Les cours ont fini par décoller, le 16 juin, mais surtout parce que les pluies dans les zones de production ont interrompu les cueillettes, provoquant une décrue des stocks. Le 17, la cerise calibre 24 mm est remontée à 3,20 euros le kilo, ce qui correspond à un prix de 2,20 euros au producteur et à un prix de 3,90 euros au détail, selon le président de l’AOP cerise.

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