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Grenelle de l’environnement La certification environnementale des exploitations sur des rails

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Le 15 juin, s’est tenue la dernière réunion du Comop certification environnementale des exploitations, mis en place dans le cadre du Grenelle. Les points de divergence ont été aplanis. Trois projets de textes législatifs sont inclus dans le rapport, qui pose le cadre du dispositif à trois niveaux.

«Un dispositif progressif, gradué, qui soit accessible à tous, volontaire et résolument tourné vers l’excellence ». Voilà à quoi ressemble le dispositif de certification environnementale des exploitations concocté par le comité opérationnel (Comop) en charge du sujet, selon Michel Barnier, ministre de l’Agriculture. Celui-ci s’exprimait le 15 juin à l’occasion de la dernière réunion du groupe de travail. Tout est désormais prêt pour lancer le dispositif. Le rapport du Comop, dont Michel Barnier a fait siennes les conclusions, précise sa mise en œuvre. Il s’appuie bien sûr sur les travaux des groupes de travail mais également sur l’expérimentation menée depuis décembre dernier dans 5 départements (Ille-et-Vilaine, Oise, Meuse, Rhône et Tarn).

Trois projets de textes législatifs
Les difficultés qui ont pu se poser ont été aplanies. En particulier concernant les enregistrements liés à la fertilisation, l’une des exigences incluses dans le deuxième niveau de la certification. Seuls l’azote et le phosphate seront pris en compte, pas le potassium, une révision que souhaitaient vivement les éleveurs de porc. Le rapport comprend par ailleurs trois projets de textes législatifs, un décret et deux arrêtés. Ils permettront aux parlementaires d’avoir davantage de cartes en main durant les débats sur la loi Grenelle 2.
Concrètement, la certification environnementale reste une démarche volontaire, avec trois niveaux d’accès. Le premier correspondra « au respect des exigences environnementales de la conditionnalité de la Pac », signale le projet de décret. Il exigera de l’exploitant un auto-diagnostic, validé par une structure extérieure habilitée dans le cadre du système de conseil agricole. Si tout se passe bien, l’exploitant recevra une attestation.
Les démarches existantes reconnues via le second niveau
Le second niveau donnera droit à la « certification environnementale ». Il sera fondé sur le respect d’un référentiel contenant 16 grandes exigences. Elles seront regroupées autour de la biodiversité, de la stratégie phytosanitaire, de l’optimisation de la gestion de la fertilisation et de la ressource en eau. Dans ce niveau, l’agriculteur pourra être certifié de façon individuelle mais également de manière collective. Dans le premier cas, il subira un audit de surveillance effectué par un organisme accrédité. Dans le second, des contrôles seront organisés par la structure intermédiaire dont fait partie le groupe d’agriculteurs engagés, la coopérative par exemple. S’ajoutera un niveau de surveillance externe, réalisé sur un échantillon par un organisme accrédité. C’est à ce second niveau que sera gérée la reconnaissance des démarches existantes, via la Commission nationale de la certification environnementale. A elle de décider des équivalences entre réferentiels et systèmes de contrôle.
Deux voies pour atteindre le troisième niveau
Le troisième niveau conduira pour sa part à la « certification de haute valeur environnementale ». Il constatera « l’atteinte de performances environnementales mesurées au moyen d’indicateurs », dit le projet de décret. L’agriculteur aura à sa disposition deux moyens de le valider. Première possibilité : respecter quatre indicateurs composites correspondant aux quatre thématiques définies au niveau 2 du dispositif. Seconde possibilité : ne satisfaire qu’à deux indicateurs synthétiques, le pourcentage de la SAU (Surface agricole utile) en infrastructures agro-écologiques et le poids des intrants dans le chiffre d’affaires.
Vraisemblablement, les exploitants certifiés devraient pouvoir communiquer auprès du consommateur. Un groupe spécifique va se pencher sur la rédaction d’un décret sur l’étiquetage et la communication. Les conseillers agricoles vont donc pouvoir désormais retrousser leurs manches. Car l’objectif reste celui indiqué dans le projet de loi Grenelle 1, soit 50 % des exploitations agricoles engagées dans une démarche de certification d’ici à 2013.

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