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Signes de qualité La certification environnementale des produits d’origine inquiète

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Le 6 mai prochain se tiendront les 10 Assises de l’origine à Bordeaux en présence de Michel Barnier. En amont de cet événement, les organisateurs ont fait part de leur scepticisme quant à une certification environnementale des labels de qualité.

L’introduction de caractéristiques environnementales dans les labels administrés dès 2008, comme annoncé dans les propositions du Grenelle de l’environnement, embarrasse les producteurs de labels de qualité et d’origine. Lors de la conférence de presse de présentation des 10 es assises de l’origine qui se tiendront le 6 mai, dans le cadre du Salon de l’agriculture d’Aquitaine à Bordeaux, Dominique Graciet, président de la Chambre d’agriculture d’Aquitaine, a regretté que les produits d’origine et de qualité aient été choisis « comme fer de lance du Grenelle alors que les producteurs ont déjà beaucoup de charge ». « Pourquoi vouloir faire peser sur ceux qui ont déjà des surcoûts du fait de leur cahier des charges un poids supplémentaire avec une certification HVE (haute valeur environnementale) alors que le problème est général ? », s’est-il interrogé : « A force de vouloir faire un exemple avec les produits d’origine on prend le risque de les rendre trop chers et de les sortir du marché ».

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Ne pas mélanger environnement et signe de qualité

Egizio Valceschini, économiste et directeur de recherche à l’INRA, abonde dans son sens : « Il faut éviter de mélanger la certification d’un produit (la qualité et l’origine) avec celle des exploitations (l’environnement), d’autant qu’une démarche HVE n’a de sens qu’à un niveau collectif – à l’échelle d’une région par exemple – plutôt que sur une exploitation isolée ». L’Afrique, avec le Maroc pour l’huile d’argan, a déposé son premier dossier d’Indication géographique protégée (IGP) et il semblerait que les États-Unis aussi s’y intéressent. Avec cette internationalisation des signes de qualité, les producteurs français ne se sentent plus à l’abri de la concurrence. « Nous allons donc demander à Michel Barnier qui viendra clore ces 10 es assises de l’origine de défendre le modèle européen de l’origine et de la qualité et de ne pas confondre l’environnement qui est du registre du management d’entreprise avec une politique de qualité et d’origine » , prévient Jacques Weill, directeur de la fédération régionale des coopératives agricoles d’Aquitaine.