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Biocarburants La certification risque d’exclure les petits exploitants, selon la FAO

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Selon la FAO, la structure des dispositifs de certification des biocarburants tend à favoriser les grands opérateurs et rend l’exportation difficile pour les petits agriculteurs et les pays en développement.

Les systèmes actuels de certification des biocarburants, volontaires et pour l’essentiel privés, pourraient exclure les petits exploitants, car ils sont majoritairement conçus pour l’agro-industrie à grande échelle, avertit la FAO dans un rapport publié le 26 février. Nombre de ces dispositifs font en effet un usage intensif de données et d’informations, entraînant des coûts et exigeant des capacités souvent hors de portée des petits agriculteurs. Tels qu’ils sont structurés, ils tendent à favoriser les grands acteurs et incitent à augmenter la production pour absorber les coûts de certification.

Entrave aux échanges

La FAO reconnaît que la certification des biocarburants peut avoir des effets positifs sur le secteur, notamment améliorer l’efficience de la chaîne d’approvisionnement, réduire les risques, renforcer la transparence et sensibiliser aux problèmes qui touchent la filière. Néanmoins, ajoute-t-elle, dans la mesure où ils servent à contrôler les importations, ces systèmes peuvent entraver les échanges et limiter l’accès aux marchés – en particulier pour les pays en développement disposant d’avantages comparatifs en termes de production.
Par exemple, note le rapport, alors qu’il est facile pour les producteurs des pays industrialisés de se plier aux exigences portant sur les opportunités de formation à offrir aux agriculteurs salariés, des impératifs de ce type peuvent être beaucoup plus difficiles à satisfaire pour les petits producteurs des pays en développement.
De même, il est d’usage que les grandes entreprises conservent les documents financiers nécessaires aux audits, tandis que les petits exploitants gardent... en mémoire les données relatives aux rendements, aux engrais ou aux autres intrants nécessaires à l’estimation des émissions de gaz à effet de serre.

Créer un environnement porteur

La FAO estime que, pour faciliter le recours à la certification, les gouvernements et les organisations internationales des pays consommateurs et producteurs devraient instaurer des mécanismes complémentaires permettant de créer un environnement porteur (dispositions législatives, politiques en matière de marchés publics, les incitations fiscales, aides à la création).
Une des façons de réduire les coûts pour les petits exploitants, ajoute le rapport, consiste à privilégier les organismes d’inspection locaux. Ceux-ci sont moins coûteux pour les producteurs, plus à même de conduire des contrôles inopinés et généralement mieux informés des caractéristiques des sites.

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