Premier employeur de saisonniers en France, le secteur agricole est également le plus difficile d’accès pour les syndicats de salariés, indiquait la CFDT le 21 juin à l’occasion du lancement de sa campagne estivale de communication envers les saisonniers. Le syndicat, qui veut « déprécariser » les saisonniers, envisage d’« investir » d’avantage le secteur agricole.
Avec près de 800 000 saisonniers chaque année, l’agriculture est le premier secteur employeur de saisonniers en France, devant les hôtels, cafés et restaurants. Pourtant, à l’ouverture de sa 18e « campagne saisonniers », la CFDT admettait, le 21 juin, la difficulté à aller à la rencontre de ces salariés « précaires ». « L’agriculture est un domaine à investir ; il faut aller beaucoup plus loin », a affirmé Inès Minin, secrétaire nationale du syndicat. Car la CFDT, qui souhaite informer les saisonniers de leurs prérogatives, avoue être encore bien mal accueillie dans les exploitations agricoles malgré « un gros travail en amont ». En 2016, la branche agricole du syndicat, la FGA-CFDT, a prévu d’organiser plusieurs réunions d’information en Dordogne, Gironde, Charente et Corrèze avec les saisonniers des exploitations viticoles et des vergers. Elle ira également à la rencontre des travailleurs détachés bulgares en Pays de la Loire, grâce à une collaboration menée avec un syndicat bulgare, a expliqué Inès Minin.
« Déprécariser » les saisonniers et « responsabiliser les exploitants »
La CFDT avoue être encore bien mal accueillie dans les exploitations agricoles malgré « un gros travail en amont »
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Le secteur agricole reste encore très spécifique en matière de travail saisonnier. La CFDT estime qu’« il y a un travail fort à faire dans ce secteur d’activité » selon les mots d’Inès Minin, afin que les saisonniers soient « bien accueillis » et qu’ils sortent de la précarité. La FGA-CFDT, qui estime que les saisonniers de l’agriculture méritent plus que « des petits droits », revendique « le développement des groupements d’employeurs », car l’emploi partagé permettrait plus d’embauches en CDI. Elle réclame « une complémentaire santé et une prévoyance lourde pour tous les saisonniers », dès leur premier jour de travail. Elle demande en outre « une rémunération supérieure au SMIC horaire » et « la suppression des exonérations de cotisations sociales spécifiques à l’emploi saisonnier agricole ». Cette dernière revendication est une façon de « responsabiliser les exploitants » et leur « mettre la pression », explique Inès Minin. Les exploitants ont obtenu des baisses de charges, ils doivent assurer un bon accueil et une rémunération correcte de leurs saisonniers en contrepartie, estime la CFDT. Enfin, la FGA-CFDT veut poursuivre le travail à l’égard des travailleurs détachés. Elle rappelle l’importance de respecter le droit européen et demande « le renforcement des contrôles vis-à-vis des entreprises prestataires de services, ainsi que la condamnation des donneurs d’ordre locaux lorsque la réglementation française n’est pas respectée ».
Visale : faciliter l’accès au logement pour les saisonniers
La CFDT compte profiter de sa « campagne saisonniers » pour promouvoir le dispositif Visale, Visa pour le logement et l’emploi, qui sécurise « gratuitement les loyers pour répondre aux besoins des salariés et des entreprises qui recrutent, tout en rassurant les propriétaires ». Ainsi, le locataire n’a pas besoin de fournir de garant et le paiement des loyers est garanti pour les propriétaires en cas d’impayé.