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 Cinq dossiers en attente de commercialisation La CGB se prépare à la levée du moratoire sur les OGM

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La Commission du génie biomoléculaire (CGB), instance consultative chargée d’examiner les demandes d’OGM en France, a présenté le 17 octobre son rapport d’activité 2002. L’occasion également de faire le point sur l’année 2003, marquée par les premières demandes officielles de commercialisation. L’un des membres de la Commission, Gilles-Eric Séralini, se montre critique quant au fonctionnement de celle-ci. 

En 2002, la CGB, qui joue un rôle consultatif auprès du gouvernement, a examiné 16 demandes d’autorisation d’essai, dont dix concernaient les plantes et six la thérapie génique. Les demandes, qui ne portaient que sur deux espèces végétales, le maïs (huit dossiers) et le tabac (deux dossiers), ont été déposées par quatre entreprises privées, un établissement public de recherche et un Institut technique Les demandes ont été déposées par Altadis, Biogemma, Pioneer Genetique, Planet Biotech incorporation, AGPM Technique et le Groupe d’étude des variétés et semences (GEVES)..

Le bilan 2002 confirme la baisse entrevue lors de ces cinq dernières années, loin des pics de 1996 et 1997 (respectivement 115 et 123 dossiers). Une tendance à la baisse toutefois nuancée par les premiers résultats de l’année 2003, qui a vu la CGB, à la date d’août, traiter 38 dossiers.

Par ailleurs, le professeur Marc Fellous, qui préside la CGB, indique qu’« en 2003, on a vu apparaître des demandes de commercialisation ». C’est en effet la première fois depuis le début du moratoire européen sur les OGM, décidé en 1999, que de telles demandes sont soumises. La perspective d’une prochaine levée du moratoire n’y est sans doute pas étrangère.

Absence de tests sur les bovins

Pour l’instant, cinq dossiers ont été analysés par la CGB mais ce n’est probablement qu’un début. « Une vingtaine d’autres doivent suivre », précise le professeur Fellous. Parmi les demandes de commercialisation examinées cette année figure notamment le cas du maïs Bt11, conçu pour résister à la pyrale.

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Dans le rapport d’activité, l’un des membres de la CGB, Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l’Université de Caen, se montre critique vis-à-vis de certaines analyses apportées par l’instance consultative. Le scientifique regrette notamment que les tests sur les animaux ne soient pas approfondis. " Rien qui se rapproche d’une étude scientifique sérieuse, avec des résultats précis, des méthodes, des mesures , n’existe dans les dossiers expérimentaux courants ", écrit Gilles-Eric Séralini.

Au contraire, Marc Fellous estime que « des tests suffisamment fiables ont été effectués sur les rats ou les poulets », ajoutant : « c’est vrai que nous ne l’avons pas exigé pour les bovins. De toute façon, nous ne pourrions pas avoir de certitudes à 100%, d’où l’importance d’un plan de surveillance après l’autorisation. »