Les représentants des PME et ETI alimentaires dressent un bilan négatif à partir des premiers retours de leurs adhérents. Les contrats avec les PME devaient être signés le 15 janvier.
Pour les organisations professionnelles des PME et ETI alimentaires, le compte n’y est pas. « Un mois et demi après la signature de la charte d’engagements mutuels, on constate que rien ne change », déclare à Agra Presse Jérôme Foucault, président de Pact’Alim, fédération regroupant les PME et ETI agroalimentaires. « Toutes les mauvaises pratiques perdurent comme les menaces de déréférencement ou les nouvelles exigences sans contreparties », constate-t-il.
Selon un sondage réalisé auprès des adhérents de Pact’Alim, seulement 8 % des entreprises notent une amélioration des comportements lors des rendez-vous avec les distributeurs et 46 % constatent une dégradation.
Selon les données remontées des adhérents de la fédération, aucune signature entre industriel et distributeur n’a eu lieu pour l’instant à l’échelle nationale, alors que la charte prévoyait que les négociations commerciales se terminent le 15 janvier pour les PME.
La charte a créé une dynamique
Au 9 janvier, « 22 % des contrats ont été signés entre les adhérents à la Feef et les distributeurs », déclare Léonard Prunier, président de la Feef, qui regroupe les PME fournisseurs de la grande distribution. Son constat est un peu plus nuancé que celui de Pact’Alim. Il constate, comparé aux années précédentes, un nombre de rendez-vous moins élevé au cours de la négociation ainsi que des échanges de qualité, deux points qui faisaient partie de la charte. « Cette charte a créé une dynamique et, surtout, elle permet de reconnaître un traitement différencié entre PME et grands industriels », poursuit-il.
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Les demandes des fournisseurs ne cadrent pas avec les attentes des distributeurs, comme chaque année. Les industriels demandent des hausses de tarifs de 1,5 % à 3 % tandis que distributeurs continuent d’exiger des baisses de tarifs de 5 % à plus de 20 %, selon les données communiquées par Pact’Alim. Les premiers retours des adhérents de la Feef montrent qu’ils demandent en moyenne une augmentation de tarif de 3 %, tandis que les distributeurs veulent entre 3 et 4 % de baisse.
Les négociations commerciales se déroulent dans un cadre un peu différent cette année. En l’absence d’une loi permettant de changer les règles du jeu des négociations commerciales qui se déroulent entre le 1er décembre et le 28 février, les organisations professionnelles se sont mises d’accord sous l’égide de l’État sur une charte d’engagements mutuels. Le texte prévoit un traitement privilégié pour les PME et ETI, mais les engagements pris ne sont pas contraignants.
CB