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Libre-échange La Chine compte aussi sur l'Australie pour s'approvisionner en lait et bœuf

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L'Australie vient de conclure un accord de libre échange avec la Chine. D'ici quelques années, les barrières douanières sur les produits laitiers, la viande bovine, le vin et les fruits et légumes seront éliminées.

Le secteur laitier, et l'agriculture australienne en général, sont les grands gagnants de l'accord de libre échange signé le 17 novembre entre la Chine et l'Australie. Les taxes à l'importation chinoises sur les produits laitiers, qui pouvaient atteindre 20%, seront toutes supprimées d'ici à 11 ans. Les droits de douane sur le lait infantile disparaîtront d'ici 4 ans. The Australian Dairy Industry, qui représente la filière laitière, a applaudi l'accord, qui lui ouvre grand les portes du « plus grand importateur de lait mondial », rapporte l'AFP. « Il nous met au même niveau que des concurrents comme la Nouvelle-Zélande », qui avait signé dès 2008 un accord de libre-échange avec Pékin, relève-t-elle.

L'Australie est le quatrième fournisseur de produits laitiers à la Chine, après la Nouvelle-Zélande, l'Union européenne et l'Amérique du nord. Elle a produit 9,2 milliards de litres de lait en 2013 et exporte environ 40% de sa production. Dont 19% en Chine, qui est depuis 2014 le premier importateur de lait australien devant le Japon.

La Chine n'a pas attendu cette signature pour s'intéresser au lait australien, et les accords commerciaux se sont multipliés en 2014. Des opérateurs chinois ont racheté ou passé des accords avec plusieurs entreprises, et ont même acheté des fermes. Des investisseurs, principalement chinois, doivent d'ailleurs bientôt acquérir un groupement d'une cinquantaine de ferme dans le sud de l'Australie, soit 90 000 vaches produisant 500 millions de litres de lait par an, avec l'ambition de doubler la production.

Les exportations de bœuf explosent

L'accord de libre-échange devrait également entraîner une forte hausse des exportations de bœuf vers la Chine. Celles-ci ont déjà explosé de 722 millions de dollars australiens (507 millions d'euros) en 2013, contre 12 millions (8 millions d'euros) dix ans plus tôt. Les taxes, qui étaient entre 12 et 25%, seront supprimées d'ici à neuf ans. Celles sur le bétail sur pied, qui étaient fixées à 10%, disparaîtront dans quatre ans.

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La suppression de ces taxes rapportera au total 11 milliards de dollars (7,7 milliards d'euros), anticipe le Meat and Livestock Australia, qui représente la filière bovine.

Les producteurs de vin sont aussi concernés. Dans quatre ans, les importations de vin australien ne seront plus taxées, alors qu'elles l'étaient jusqu'ici entre 14 et 20%. La Chine est le troisième marché d'exportation pour les vins australiens, mais c'est celui qui progresse le plus rapidement. Les Chinois consomment principalement des vins français, puis australiens.

Remplacer le charbon par les produits agricoles

Les taxes sur les fruits et légumes, sur la laine et sur le poisson vont également disparaître. Quelques secteurs ont cependant été laissés de côté, comme le sucre, le riz, le coton, le blé. Mais le gouvernement australien promet de revenir à la table des négociations dans trois ans.

L'agriculture, relativement délaissée pendant l'âge d'or minier, fait désormais partie des priorités alors que la baisse du prix des matières premières (fer, charbon) ralentit l'économie australienne. « Si nous pouvons pallier les conséquences » du retournement de situation du secteur minier « en exportant nos produits laitiers, notre bœuf, nos vins, nos produits horticoles et notre poisson, alors, c'est un bon résultat », a déclaré le ministre de l'agriculture Barnaby Joyce.