Sur fond de crise diplomatique entre les deux pays, l’ambassade de Chine à Ottawa a demandé le 25 juin au gouvernement canadien de suspendre immédiatement, et sine die, toutes les exportations de viande sur le marché chinois. Motif invoqué : la découverte de près de 190 faux certificats d’exportation accompagnant une cargaison de viande de porc d’une société canadienne qui avait été interceptée mi-juin par la douane chinoise. Celle-ci assurait y avoir trouvé des traces de ractopamine, produit utilisé dans la filière porcine pour obtenir des animaux plus lourds et moins gras, encore utilisé aux États-Unis mais interdit en Chine comme dans l’UE (1).
Le Canada a confirmé dès le 25 juin l’existence de faux certificats, et son agence canadienne d’inspection des aliments a lancé une enquête.
« Trouver qui est l’auteur de ce crime »
« Il y a des certificats non authentiques en jeu et nous prenons la chose très au sérieux », a assuré le lendemain le ministre canadien du commerce Jim Carr, qui soupçonne une fraude pour introduire en contrebande de la viande en Chine. « Quelqu’un essaie d’utiliser l’appellation canadienne pour introduire des produits sur le marché chinois », a-t-il estimé. « Nous ne savons pas d’où ce produit provient. Il va falloir que quelqu’un prouve qu’il y a un souci avec ce produit et qu’il provient du Canada. »
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« Il faut trouver d’où provient cette viande et qui est l’auteur de ce crime », a abondé la ministre canadienne de l’agriculture Marie-Claude Bibeau. « Le système qui a été touché, c’est vraiment le système qui est spécifique à l’exportation des viandes en Chine, alors les autres produits agricoles canadiens en Chine ou dans les autres pays ne sont absolument pas touchés par ce problème », a-t-elle assuré.
La Chine et le Canada traversent une grave crise depuis l’arrestation le 1er décembre à Vancouver d’une dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis.
(1) Voir n° 3698 du 22/06/19