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La Chine en déficit chronique de matières premières agricoles

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« L’accroissement des importations chinoises sur la période 1978-1990 atteint + 113,6 % contre seulement +19,1 % entre 1990 et 2000, mais +123,2 % sur 2000-2013, une envolée qui illustre l’impact de l’adhésion de la Chine à l’OMC en 2001 », observe Thierry Pouch, responsable du service Economie à l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) dans le Déméter 2017. Il constate « un déficit » commercial agroalimentaire devenu « chronique » depuis 2001. La Chine présente une dépendance à la production agricole d’autres pays en lait, viande bovine et oléagineux qui ne cesse de croître. « Sur les céréales – c’est-à-dire essentiellement le maïs, mais aussi l’orge » – le taux de dépendance est plus faible, « mais on peut s’interroger sur les perspectives à moyen terme », estime Thierry Pouch. Il constate également que les surfaces cultivables en 1986 et 2014 diminuent mais se stabilisent depuis 2003 (123 millions d’hectares). D’après lui, « la Chine siphonne désormais une bonne partie des produits agricoles [mondiaux, ndlr] au détriment des autres nations importatrices », ce qui « bouleverse les équilibres alimentaires mondiaux ». L’Union européenne a vu de son côté, ses exportations vers la Chine diminuer de 2 % entre 1990 (10 %) et 2013 (8 %). « C’est la seule grande région agricole ayant enregistré une diminution de son poids sur le marché chinois », note Thierry Pouch. Selon lui, la dépendance alimentaire de la Chine va « exacerber la conflictualité agricole à l’agenda géopolitique mondial dans les prochaines années ». Il s’interroge aussi sur les choix politiques de la Chine pour limiter cette dépendance.

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