Face à un marché français en perte de vitesse, la cidrerie Viard voit à l’export une opportunité de développement intéressante. Réalisant d’ores et déjà 15 % de ses ventes hors des frontières de France, l’entreprise normande a récemment signé un contrat avec un partenaire chinois qui va distribuer son cidre dans les discothèques et les supermarchés de la province du Zhejiang.
A la suite d’un voyage organisé par le conseil régional de Basse-Normandie, la cidrerie Viard a noué des contacts avec des entrepreneurs chinois. Elle a signé l’été dernier un contrat avec un importateur qui prévoit de commercialiser ses cidres dans les discothèques chinoises pour commencer, puis dans quelques supermarchés de la province du Zhejiang. Quelque 24 000 bouteilles ont d’ores et déjà été expédiées. Employant 15 salariés, la cidrerie, implantée à Bayeux, dans le Calvados, n’en est pas à sa première expérience hors des frontières françaises. Avec une production annuelle de 2,5 millions de bouteilles, l’entreprise en expédie 15 % à l’étranger, principalement en Ukraine, son premier marché, mais également dans le reste de l’Europe, au Japon et en Indonésie. Il y a quatre à cinq ans, cette part à l’export atteignait à peine les 2 %. Même si l’entreprise n’a pas une démarche pro-active vers l’export, elle reste ouverte à toute opportunité. « Nous avions essayé d’atteindre les marchés d’Amérique latine mais nos contacts n’ont pas abouti. Quant aux Etats-Unis, la démarche est compliquée car les américains sont très méfiants, notamment à cause de la levure présente dans le cidre. Les marges possibles sont également réduites. Pour un produit à faible valeur ajoutée comme le cidre, cela serait trop risqué. Néanmoins, les négociations sont souvent plus faciles à l’étranger qu’en France car nous vendons également notre région, l’image terroir associée à notre produit », indique Jérôme Delile, directeur de la cidrerie Viard.
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Un marché sous évalué
« Notre production est en légère progression car nous essayons de recruter de nouveaux consommateurs en France comme à l’étranger mais le marché régresse. Le plus important pour l’industrie cidricole reste de susciter l’envie d’en consommer. Tout le monde aime le cidre mais personne pense à en acheter », note Jérôme Delile. En CAM sur 12 mois, le marché aurait perdu 2,1% en valeur à 95,1 millions d’euros. Le plus difficile pour l’entreprise reste d’atteindre le consommateur final et de le convaincre d’acheter du cidre. La cidrerie Viard tente notamment de remettre au goût du jour le cidre nouveau entre la mi-octobre et début novembre. L’industrie se trouve également face à des prix de marché trop bas, selon le directeur de l’entreprise normande. « Nous sommes confrontés à un problème de fond. Aujourd’hui le cidre reste sous-vendu par rapport à certains vins par exemple, alors que nous travaillons de la même manière » souligne-t-il.