La clause de sauvegarde, mise en place en 2016 par le ministère de l’Agriculture, suite à l’interdiction franco-française d’utiliser du diméthoate sur les cerises, vient d’être reconduite. Un arrêté du 24 avril, publié au Journal officiel du 27 avril, vient interdire l’importation en France « de cerises fraîches destinées à l’alimentation en provenance d’États […] où l’utilisation de […] diméthoate est autorisée ». Cette même mesure avait été prise il y a un an par Stéphane Le Foll, lorsque les producteurs de cerises français s’étaient insurgés contre le non-renouvellement de l’autorisation d’utiliser du diméthoate pour lutter contre la mouche Drosophila suzukii. Une situation que les producteurs avaient considérée comme source de concurrence déloyale, puisque les producteurs étrangers ne sont pas soumis à cette même contrainte. L’interdiction d’importation est renouvelée, jusqu’au 31 décembre 2017, mais ne s’applique pas aux cerises issues de vergers bio.
Pour les producteurs, cette décision est un moindre mal, mais elle ne règle pas le problème. « On ne peut pas continuer à renouveler chaque année la clause de sauvegarde », a affirmé Paul Faburel, directeur de la Gefel (Gouvernance économique des fruits et légumes), le 27 avril au Medfel. « Il faut revenir au diméthoate ou trouver des solutions alternatives ». Mais pour les trouver, encore faudrait-il les chercher. Et selon Paul Faburel, le financement pour la recherche est insuffisant.
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Par ailleurs, s’ils saluent la philosophie de la clause, les agriculteurs restent sceptiques quant à son efficacité. Tenter de faire entrer en France des cerises traitées au diméthoate serait dangereux pour un importateur, cependant, les contrôles sont « faibles », constate Josselin Saint-Raymond, directeur de l’Association nationale pommes-poires qui a suivi de près le dossier. « L’application de cette interdiction pourrait être théorique », craint-il.
Pour le moment, la récolte 2017 de cerises s’annonce correcte selon Paul Faburel. Il est encore un peu tôt pour faire des prévisions fiables, notamment du fait de l’épisode de gel qui perdure. Une seule certitude cependant : les producteurs de cerises devront, cette année encore, se passer de diméthoate.