Traditionnellement l’un des secteurs présentant le plus faible niveau de risque en France (note A+), le secteur de l’agroalimentaire, vient d’être placé sous surveillance négative par la Coface.
La flambée des prix des matières premières et de l’énergie pèse sur les marges des entreprises du secteur, faisant craindre une détérioration de la santé financière des acteurs de l’agroalimentaire », indique un communiqué de Coface Services, département du groupe Coface qui donne régulièrement son appréciation des entreprises à ses « arbitres » chargés du suivi des dossiers d’assurance-crédit.
La très légère tendance à la baisse du « score@rating » par rapport au troisième trimestre 2006, essentiellement imputable à l’industrie agroalimentaire et au secteur de la viande, ne remet pas en cause la grande stabilité du secteur, corrige toutefois le communiqué. Car, les entreprises agroalimentaires restent, avec les services collectifs, les deux seuls secteurs à présenter le niveau de risque le plus faible (A+). La flambée des prix des matières premières agricoles et du lait couplée à celle de l’énergie va toutefois peser sur les marges des industriels qui auront du mal à répercuter intégralement ces hausses sur leurs prix auprès de la grande distribution. Les éleveurs de volailles augmentent déjà les prix avec la pression des coûts liés aux céréales. Selon l’Insee, en septembre 2007, la hausse des prix des céréales transformées et des aliments pour animaux se poursuit et atteint +23,9 % en une année.
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Baisse des créations d’entreprises
En termes de créations d’entreprises, 1549 entreprises agroalimentaires ont vu le jour au 3 e trimestre 2007 contre 2114 au 3e trimestre l’année dernière, soit une chute de 27%. Quant aux défaillances d’entreprises, elles augmentent de 20% entre le 3 e trimestre 2007 et 2006, passant de 654 défaillances à 717. « Le secteur agroalimentaire peut rencontrer des difficultés dans les mois qui viennent, explique Olivier Cazal, responsable de l’arbitrage France chez Coface. Nous préférons attirer l’attention sur un secteur qui reste encore à un très bon niveau de risque, sur une possible dégradation, pour que les entreprises restent vigilantes dans leurs relations commerciales ».
Le score @rating sectoriel Coface mesure le niveau de risque de non paiement présenté par les entreprises d’un secteur. Il est le résultat pondéré des scores @rating obtenus par les entreprises du secteur et il indique comment, pour un secteur d’activité donné, les perspectives conjoncturelles et la situation financière des entreprises influencent les comportements de paiement dans le cadre de transactions commerciales à court terme. Vis-à-vis de l’extérieur, la note représente un indicateur de poids et impose aux acteurs économiques appelés à contracter avec le secteur de l’agroalimentaire (industrie, commerce de gros, etc.), de se montrer plus précautionneux (le secteur reste toutefois dans une note excellente).