La collective du sucre lance une campagne publicitaire polémique. L’objectif est d’alerter les consommateurs sur le fait que, dans les produits allégés, on remplace le sucre par de nombreux additifs dont ils ne savent rien.
«Quand on enlève du sucre, savez-vous ce qu’on met à la place ? » La collective du sucre lance une campagne publicitaire choc à partir du 22 octobre dans la presse pour alerter les consommateurs sur les conséquences de la réduction du sucre dans les aliments. Les visuels sont très explicites : on voit une boîte de gâteaux « de tante Marcelle au xanthane », avec une scientifique portant un masque et tenant des fioles. Deux autres visuels portent sur un « chocolat Poulpo au polydextrose » et un « entremets vanille à la N.H.D.C. (néohesperidine-dihydrochalcone) » illustrés par une usine inquiétante dégageant de la fumée. L’objectif de cette campagne est d’amener le consommateur à s’interroger sur les additifs qui sont intégrés aux aliments « lights », qui connaissent un succès grandissant. Mais les consommateurs ignorent ces produits et leurs effets sur la santé. « Le produit allégé en sucre a le même aspect que le produit classique. Pourtant, il n’a plus rien à voir en termes de contenu car le sucre n’a pas seulement un rôle gustatif, mais il joue un rôle sur la texture, l’onctuosité et la conservation du produit fini», explique Claude Risac, directeur général de la collective du sucre. Pour lui, ces produits allégés sont des « chimères alimentaires ». Y a-t-il une véritable nécessité à remplacer un produit noble et connu de longue date du consommateur par des additifs dont il ignore tout ?, se demande la collective du sucre.
Moins de sucre ne veut pas dire moins de calories
L’autre argument avancé par la filière est qu’un produit allégé en sucre n’est pas forcément un produit allégé en calories, ainsi que le consommateur le croit. C’est le message des annonces radio qui vont passer sur la même période. « Les biscuits allégés en sucre contiennent, en moyenne, 30 % de sucre en moins alors qu’ils contiennent seulement 3 % de calories en moins », affirme Philippe Rieser, responsable des affaires scientifiques au Cedus (centre d’étude et de documentation du sucre). Car le sucre est remplacé par de la farine et de l’amidon. Dans les desserts lactés, il faut ajouter des gélifiants et des épaississants, caloriques eux aussi.
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Cette campagne publicitaire interpelle. Mais ne risque-t-elle de jeter un doute sur l’ensemble des produits de l’agroalimentaire sans distinguer les produits allègés des autres ? « Chacun doit prendre ses responsabilités dans l’information aux consommateurs. Nous sommes les seuls à pouvoir tenir ce discours », justifie le directeur général de collective du sucre, qui précise que la campagne publicitaire va coûter 1,4 million d’euros.
La Collective du Sucre propose également aux consommateurs de se renseigner d’une façon plus approfondie sur le site internet www. alaplacedusucre. com. La filière sucrière emploie en France 52 500 personnes et génère un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros.