La Commission européenne a décidé le 22 janvier l’octroi des premières subventions à l’exportation afin de permettre une reprise des ventes de beurre, de fromage et de lait écrémé vers les pays tiers, qui sont en perte de vitesse depuis plusieurs mois. Le niveau des restitutions n’a cependant pas été fixé à un niveau suffisamment élevé pour répondre à la majorité des offres présentées par les opérateurs.
Une restitution maximale de 20 euros par 100 kg a été établie pour un volume de 5 612 tonnes de lait écrémé en poudre, alors que les offres déposées ont porté sur 15 172 tonnes, avec des demandes de restitutions variant de 9,85 à 59,5 euros/100 kg. A partir du 22 janvier et jusqu’à nouvel ordre, les opérateurs auront la possibilité chaque jour de déposer des offres avec l’assurance de recevoir une subvention de 17 euros/100 k(g (restitution de droits de commun).
Pour le beurre, les négociants recevront une aide de 50 euros/100 kg pour 2 299 tonnes. Les offres présentées se sont élevées à 9 566 tonnes, les demandes de restitutions variant de 26 à 110 euros. La restitution de droit commun a été fixée à 45 euros/100 kg. De plus, la Commission a répondu favorablement à une demande d’exportation de 80 tonnes de butteroil (restitution de 58 euros/100 kg). La Commission n’a pas ouvert à ce stade d’adjudication pour la poudre de lait entier et le fromage mais a établi des restitutions de droit commun de respectivement 26 et 22 euros pour 100 kg.
La Commission procédera deux fois par mois à des adjudications à l’exportation.
Une décision conforme aux engagement de l’OMC
Le retour des restitutions à l’exportation dans le secteur laitier « est conforme à nos engagements à l’OMC », a indiqué le 15 janvier le porte-parole de la Commission. L’UE, a-t-il poursuivi en substance, reste dans les limites qui sont autorisées dans le cadre de l’OMC. Il s’agit de répondre à une crise ponctuelle de marché.
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Pour l’association laitière européenne (EDA), l’impact des différentes mesures sur le marché va dépendre des moyens (prix et quantités) qui seront engagés. Selon cette organisation, les plafonds fixés pour l’intervention, ouverte à partir du 1 er mars ( 30 000 tonnes pour le beurre et 109 000 tonnes pour le lait écrémé en poudre) vont être atteints très rapidement et la Commission devra par la suite procéder à des achats publics par adjudication aussi proches que possible des prix d’intervention (221,75 euros/100 kg pour le beurre et 169,8 euros/1000 kg pour le lait écrémé en poudre) jusqu’à ce que la stabilisation du marché soit acquise. Mais il n’est apparemment pas dans l’intention de la Commission de procéder à des achats illimités à des prix élevés. L’intervention doit être mise en œuvre pour une courte période en tant que filet de sécurité et non redevenir un débouché permanent lucratif, explique-t-on à Bruxelles. Par ailleurs, la Commission a indiqué qu’elle ne comptait pas réintroduire des aides à l’écoulement du beurre sur le marché intérieur, étant donné que, conformément aux décisions du bilan de santé de la Pac, les divers régimes de soutien au beurre disparaîtront à partir du 1er juillet 2009.
Forte dégradation de la position européenne sur le marché mondial
La forte dégradation des prix dans le secteur laitier a été brièvement évoquée lors de la réunion des ministres de l’agriculture de l’UE, le 19 janvier à Bruxelles, à la demande de la Lettonie, de la Slovaquie et de la Pologne. En 2009, selon la Lettonie, l’UE va perdre sa place de premier exportateur de fromage au profit de la Nouvelle-Zélande avec une part de 47 % (+ 9,5 %). Quant à la production de fromage, elle augmenterait de 0,4 % dans l’UE et de 5,6 % en Nouvelle-Zélande et en Australie et baisserait de 2,9 % aux Etats-Unis
La Lettonie estime également que la moitié des exportations de lait écrémé entier devrait être réalisée par la Nouvelle-Zélande.
En 2008, les exportations européennes ont connu un tassement important qui a largement profité aux grands fournisseurs traditionnels (Etats-Unis et Nouvelle-Zélande). De plus, des produits laitiers originaires d’Argentine, du Brésil ainsi que d’Ukraine se retrouvent de plus en plus fréquemment sur le marché mondial.