Alors que le virus de la grippe aviaire continue à se propager aussi bien dans les pays du tiers monde que dans l’UE, la Commission européenne a enfin pris conscience de la nécessité de venir en aide à la filière avicole confrontée à une forte baisse de la consommation. Des idées pourraient être avancées par Mariann Fischer Boel à l’occasion du Conseil des ministres de l’agriculture de l’UE du 20 mars à Bruxelles . Pour leur part, les Français et les Irlandais ont l’intention de demander à l’UE d’accepter une nouvelle série d’aides et de mesures de solidarité contre la grippe aviaire.
« Nous pourrions mettre des idées sur la table» lors de la réunion le 20 mars des ministres de l’Agriculture, a indiqué le 15 mars, Michael Mann, le porte-parole de Mariann Fischer Boel, commissaire à l’agriculture, précisant que Bruxelles « préférerait» plutôt des « mesures nationales » que communautaires. Si des aides communautaires étaient décidées, il « faudrait transférer des fonds agricoles pas encore dépensés, la Commission ne disposant pour elles d’aucun budget », a-t-il ajouté. Ces mesures impliqueraient aussi l’obligation, pour les bénéficiaires, de réduire leur production, a encore précisé le porte-parole.
Pour leur part, Paris et Dublin entendent demander le 20 mars de nouvelles aides européennes sous la forme de quatre mesures de solidarité dont l’augmentation des aides directes des États aux éleveurs et l’amélioration des subventions à l’exportation.
La Grèce, enfin, entend souligner la nécessité d’entreprendre une stratégie de communication commune, non seulement concernant les recommandations pour la prévention de la maladie mais aussi pour soutenir les aviculteurs ainsi que les industries affectées directement par la maladie.
L’OMS dénombre 177 cas de grippe aviaire, dont 98 mortels
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué le 13 mars avoir dénombré 177 cas humains de grippe aviaire depuis le début de l’épidémie en 2003, dont 98 se sont soldés par la mort du malade. L’OMS a remis à jour ses chiffres après avoir reçu confirmation officielle que le virus H5N1 avait fait deux nouvelles victimes en Indonésie. Le pays le plus touché reste le Vietnam, où le H5N1 a frappé en premier à la fin de 2003, contaminant 93 malades, dont 42 sont décédés, selon le décompte de l’OMS, qui répertorie uniquement les cas confirmés par les laboratoires qu’elle a homologués.
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L’Indonésie déplore 29 cas dont 22 mortels, la Thaïlande 22 cas dont 14 mortels, et la Chine 15 cas dont 10 mortels. Douze personnes ont été infectées en Turquie, dont 4 sont décédées. Deux personnes contaminées sont mortes en Irak et quatre au Cambodge.
Selon des responsables de l’OMS, des tests sont toujours en cours sur 11 cas suspects en Azerbaïdjan, dont trois sont morts, pour confirmer une infection par le H5N1.
Le Premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, a affirmé le 14 mars que des chercheurs de son pays avaient mis au point un vaccin pour l’homme contre la forme actuelle du virus H5N1 développé par la société pharmaceutique hongroise Omninvest. Le vaccin n’est efficace que pour la forme actuelle du H5N1 mais non pour une éventuelle forme mutée qui pourrait se transmettre directement de personne à personne, a-t-il souligné. « Si le virus devait muter, nous n’aurions pas à expérimenter une nouvelle technologie mais serions en mesure de fabriquer un véritable vaccin en l’espace de huit semaines », a indiqué le Premier ministre hongrois.