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Clonage La Commission européenne très réservée

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La Commission européenne se montre réservée sur la commercialisation future d’aliments issus du clonage après la publication d’un rapport de l’Efsa. Les groupes de défense des animaux quant à eux, demandent l’interdiction pure et simple du clonage à des fins alimentaires.

Chargée d’examiner les implications de la multiplication des usages du clonage chez les animaux, l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) a rendu son rapport récemment(1). Elle y fait état de l’impact négatif des techniques de clonage sur le bien-être des animaux qui en sont issus et souligne que cette technique pose de réels problèmes pour leur santé. Elle reconnaît toutefois que la consommation de bœuf ou de porc cloné sain ne présente pas de danger pour la santé humaine, selon les données disponibles à ce jour.

Un avis scientifique négatif

La Commission réfléchit actuellement à une éventuelle commercialisation d’aliments provenant d’animaux clonés, dans le cadre d’une réglementation sur « les nouveaux aliments produits au moyen de nouvelles techniques et technologies ». De ce fait, elle a demandé à l’Efsa d’étudier les conséquences de l’utilisation du clonage sur les animaux avant de prendre une position ferme concernant ces nouvelles technologies. Le comité d’éthique européen (EGE) a également été sollicité afin de livrer son avis sur les considérations morales de la question du clonage. Ce dernier avait évoqué en janvier « les souffrances et les problèmes de santé » des animaux, arguments repris par l’Efsa. Dans son rapport, celle-ci indique que 40% des animaux clonés doivent supporter des troubles de la santé contre 10 % des animaux issus de la reproduction traditionnelle. La Commission a indiqué qu’elle attendait également les résultats à l’automne d’un sondage effectué auprès des citoyens de l’UE, afin de recueillir leur avis sur ces techniques.

En revanche, les conclusions du rapport sont moins tranchées en ce qui concerne la sécurité alimentaire de la viande ou du lait. Au vu des données actuelles, les experts scientifiques n’ont en effet pas détecté de risques, mais le nombre d’études sur le sujet reste limité, a souligné Vittorio Silano, qui dirige le Comité scientifique de l’Efsa.

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Les associations de défense des animaux pour une interdiction totale

Le rapport de l’Efsa a suscité une vive réaction des associations de défense des animaux comme EVANE (European Vegetarian and Animals New Alliance). Elles ont appelé la Commission à interdire le clonage d’animaux à des fins alimentaires. Elles insistent notamment sur le fait qu’il existe de trop grandes incertitudes sur cette technologie, qui cause la souffrance d’animaux et s’avère inefficace, selon un rapport préliminaire, publié en janvier.

Ces groupes demandent donc à la Commission d’interdire définitivement le commerce et l’importation de produits issus d’animaux clonés ou de leur progéniture. Ils s’appuient également sur le travail de l’EGE, qui a conclu qu’il n’existait aucune raison justifiable d’approuver le clonage pour l’alimentation. Celui-ci a indiqué par ailleurs que cette technologie était particulièrement coûteuse et représentait en général un gaspillage incroyable. En effet, seuls cinq animaux sur cent en moyenne naissent vivants et ceux là meurent plus tôt et souffrent de plus de défauts que des animaux normaux. Sonja Van Tichelen, directrice d’EVANE, souligne que l’UE doit maintenant appliquer ses propres règles et notamment la directive concernant la souffrance animale, qui interdit que les animaux utilisés à des fins d’expérimentation ou à des fins scientifiques se voient infliger toute douleur, souffrance, angoisse ou dommage durable inutiles.