L’UE lie la durée des sanctions prises à l’encontre de la Russie en réponse aux actions de ce pays en Ukraine à la pleine mise en œuvre des accords de Minsk et les réexamine constamment. Telle a été la réponse de la Haute Représentante de l’UE aux relations extérieures, Federica Mogherini, à un parlementaire européen qui l’interrogeait « sur les conséquences préjudiciables pour les agriculteurs européens des sanctions contre la Russie ».
Dans son interpellation de la Commission européenne, l’eurodéputé grec Kostas Chrysogonos (Gauche Unitaire Européenne) a souligné que la décision du gouvernement russe de prolonger l’embargo sur les importations de produits alimentaires de l’Union européenne jusqu’à la fin de 2017, en représailles aux sanctions imposées par l’Union européenne, a suscité de plus en plus d’inquiétude quant à l’impact économique des décisions politiques prises par l’UE. Selon ses informations, il estime que les restrictions imposées par l’UE et par la Russie ont réduit le commerce de plus de 180 milliards de dollars au cours des trois dernières années seulement. Au niveau politique et militaire, il estime qu’il n’y a pas eu de progrès substantiels qui pourraient justifier ce coût économique. L’eurodéputé grec considère que les producteurs, les agriculteurs et les éleveurs grecs sont particulièrement touchés, car, a-t-il rappelé, « la Russie était la destination principale de leurs exportations ». Que répondez-vous à ceux qui insistent sur la nécessité de réviser les sanctions contre la Russie, a-t-il indiqué à l’adresse de la Commission européenne ?
Respecter les accords de Minsk
Dans sa réponse aux questions de l’eurodéputé grec, l’Italienne Federica Mogherini, a expliqué que l’Union européenne a introduit des mesures restrictives en réponse aux actions de la Russie qui déstabilisent la situation dans l’est de l’Ukraine. Elle a rappelé qu’en juillet 2016, le Conseil des ministres de l’UE a décidé de proroger les mesures pendant six mois jusqu’au 31 janvier 2017. Le renouvellement de ces mesures nécessite l’accord unanime des 28 États membres de l’UE.
Au cours des deux dernières années, l’UE a suivi en permanence l’évolution des marchés agricoles et a réagi rapidement, le cas échéant. Plus de 1 milliard d’euros ont été mis à disposition au cours des années budgétaires 2015 et 2016 pour soutenir les mesures visant à stabiliser les marchés des produits laitiers, des fruits et légumes. En outre, en juillet 2016, la Commission a adopté des mesures, comme le programme de soutien de 500 millions d’euros pour les agriculteurs européens annoncé par le commissaire chargé de l’agriculture et du développement rural. Par ailleurs, la Commission a proposé, dans le cadre de son programme de simplification en cours, d’apporter des améliorations à l’outil de stabilisation des revenus offert par la politique de développement rural afin de mieux répondre aux besoins des agriculteurs confrontés à de fortes baisses de revenus. Pour la période de 12 mois allant de juillet 2015 à juin 2016, a encore indiqué Federica Mogherini, environ deux ans après l’entrée en vigueur de l’interdiction russe, les exportateurs de produits agroalimentaires de l’UE ont trouvé d’autres marchés, augmentant leurs exportations de 2 % à plus de 129 milliards d’euros. En ce qui concerne plus précisément les exportations grecques, elle a affirmé que celles-ci ont atteint 5,3 milliards d’euros sur la même période. Cela représente, selon elle, une augmentation de 4 % par rapport à l’année précédente, principalement grâce aux exportations vers d’autres États membres de l’UE.
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