Philippe Mangin appelle de ses vœux une accélération de la concentration des coopératives, notamment entre Français et Européens. Un moyen de gagner en puissance, pour innover et se déployer à l'export, dans un environnement toujours difficile.
A quelques jours du congrès annuel de la coopération agricole le 17 et 18 décembre, Philippe Mangin, président de Coop de France a dévoilé quelques éléments chiffrés. À l'image du ralentissement observé dans l'ensemble de l'agroalimentaire, le chiffre d'affaires du secteur (plus de 160 000 salariés) a progressé de seulement 0,58 % à 84,8 milliards d'euros, après une hausse de 1 % en 2012 et 0, 7 % en 2013. Sur 2 750 coopératives françaises (contre 2 800 en 2013), une quinzaine compte parmi les grands groupes avec un chiffre d'affaires supérieur à 1,5 milliard d'euros, 130 dans le ETI et le reste dans les PME et autres TPE. « Le secteur des coopératives agricoles et agroalimentaires compte en effet 90 % de petites et très petites entreprises », a rappelé Philippe Mangin. Les coopératives représentent 40 % de l'agroalimentaire français et une marque alimentaire sur trois.
DES MARIAGES ENTRE COOP EN EUROPE
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Le chiffre d'affaires global des 20 premières coopératives françaises a pratiquement doublé entre 2006 et 2013, à 52,749 milliards d'euros. Si les trois plus grosses restent les mêmes (InVivo, Tereos et Terrena), InVivo est passé de la seconde à la 1ère place avec un chiffre d'affaires de 6,1 milliards d'euros, soit un chiffre près de deux fois supérieur à celui de Terrena en 2006, alors en tête de ce palmarès qui se retrouve aujourd'hui numéro 3. « La concentration doit et va se poursuivre, parce que nous avons besoin de plus grosses entreprises, à l'image des Allemands, où la taille des coopératives fait leur efficacité », a poursuivi Philippe Mangin. Tout en appuyant sa démonstration sur le phénomène de concentration qui s'est opéré dernièrement dans le secteur laitier, ce dernier a insisté sur l'avantage, tant du côté de l'innovation, que de l'exportation que les coopératives pouvaient tirer de cette recherche de taille, via la concentration. Déplorant en outre l'érosion des parts de marchés des coopératives françaises en Europe, il estime qu'« il faut privilégier les alliances entre coopératives européennes ». Un message qu'il comptait bien d'ailleurs faire passer lors du congrès, a-t-il précisé. Il est vrai que la seule opération annoncée dernièrement entre deux coopératives française et européenne, à savoir le partenariat entre Elivia, la filiale viande de Terrena et l'irlandais Dawn Meats, s'apparente finalement davantage à une cession à terme. En 2014, sur 73 opérations de regroupement impliquant des coop, 44 opérations n'ont concerné que des coopératives elles-mêmes.