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OMC La conclusion du cycle de Doha « très proche »

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A l’occasion d’un débat intitulé « Matières premières : les nouveaux défis de la rareté », Pascal Lamy, directeur général de l’OMC, a fait le point sur l’avancement des négociations au sein de l’organisation et leur volet agricole. Il s’est montré confiant.

«Très possible » : c’est ainsi que Pascal Lamy, directeur général de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) a qualifié l’achèvement cette année des négociations du cycle de Doha. Il intervenait à l’occasion d’un colloque sur les matières premières organisé le 8 avril à Paris par l’université Paris-Dauphine. « Nous sommes très proches de conclure », a-t-il affirmé, « l’ajustement final » n’étant pas loin. Selon lui, même si les conclusions se fondaient sur la base un peu améliorée du « gros paquet » en discussion, elles ne signifieraient pas une libéralisation totale du commerce agricole. « Il restera en agriculture des protections douanières cinq fois plus importantes que dans l’industrie », a souligné Pascal Lamy à l’attention notamment de Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA et intervenant du colloque.

Vigilance pour le prochain cycle

Et les subventions agricoles ne disparaîtront pas : les Etats-Unis comme l’Union européenne pourront continuer à soutenir leurs producteurs. « Ce qui change, c’est la répartition de ces aides », a-t-il signalé. Les soutiens se veulent désormais fixes et indépendants des prix. Ces négociations, jusqu’à présent plutôt favorables à l’agriculture selon Pascal Lamy, pourraient prendre un nouveau tournant lors du prochain cycle. Il existe « une division forte » au sein des membres de l’OMC, a-t-il précisé, remarquant que 50 % des membres de l’organisation souhaitent voir le commerce agricole aligné sur les autres secteurs. Une solution qui « n’est pas la bonne », a redit le directeur.

Pas de solution miracle à court terme

Quelles que soient les conclusions du cycle de Doha, le directeur de l’OMC estime qu’il n’y a pas de « recette miracle » à court terme pour faire face à la flambée des prix alimentaires. Même si l’offre s’ajuste, la volatilité restera forte, se maintenant au moins au niveau actuel. « Le marché agricole reste un marché de surplus », a rappelé le responsable.

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A plus long terme, l’une des réponses réside dans la hausse des productions. C’est moins sur les terres disponibles qu’il est possible de jouer que sur la productivité. « Il y a là une possibilité d’ajustement de l’offre considérable », a observé Pascal Lamy.

Mieux réguler les marchés

Les gains y sont infiniment supérieurs à ceux pouvant être réalisés dans l’industrie ou les services. Biotechnologies, stockage, fertilisation peuvent apporter des améliorations. Autre levier à long terme : la meilleure régulation des marchés. Pascal Lamy a souligné les problèmes de fonctionnement des marchés locaux dans des pays comme l’Inde. Ils pourraient être résolus selon lui par une meilleure régulation du commerce international. « La solution consiste à réduire les distorsions aux échanges », a-t-il indiqué, « tout en prenant en compte des niveaux de développement différents », a-t-il ajouté.