Abonné

Distribution La concurrence entre distributeurs fait baisser les prix

- - 4 min

Entre 2012 et 2013, les distributeurs se sont livré une guerre commerciale qui a entraîné une baisse des prix de vente des produits de grande consommation, révèle l'observatoire des prix de Familles rurales. Selon l'association, cela montre que les enseignes ont des marges suffisantes pour mieux rémunérer les producteurs sans augmenter les prix.

Les prix des produits de consommation courante ont baissé de 1,32% entre 2012 et 2013, a révélé Familles rurales lors d'une conférence de presse à Paris, mardi 21 janvier. En 2012, les prix avaient été les plus élevés depuis 2006. L'association relève chaque année le prix de 35 produits de consommation courante dans des points de vente de toute la France. Les prix poursuivent leur baisse courant 2013 (-0,27%).

Le hard discount n'est pas le moins cher

Cette tendance est due à « la forte concurrence sur les produits d'entrée de gamme qui montre la détermination des moyennes et grandes surfaces à contrer les hard-discounters et à capter les consommateurs dans un contexte économique morose », analyse l'observatoire : les prix des produits premiers prix connaissent ainsi une forte baisse (+4,32%). Le hard discount est d'ailleurs loin d'être le moins cher : le panier 1er prix y est 10% plus élevé qu'en super et hypermarché.

Des marges de manœuvre

Selon Familles rurales, ces baissent démontrent que « les enseignes disposaient de marges leur permettant de baisser les prix ». Entre 2012 et 2013, on remarque également une forte diminution du prix des produits laitiers. « On a trop laissé de pouvoir aux industriels et à la grande distribution, qui ont mis un certain nombre de producteurs de lait en danger et qui sont en train de détruire la filière », analyse Thierry Damien, président de Familles rurales. Il a noté des variations de prix selon les mois « sans aucune cohérence ». Selon lui, « le consommateur peut entendre que le prix d'achat a des conséquences sociales : on est capable de trouver le juste prix au-dessous duquel on ne descend pas ».

Le bio pas toujours plus cher

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Nouveauté de l'édition 2013, quatre produits bios sont observés : le lait, les œufs et le jus d'orange. « Il y a jusqu'à 48% d'écart entre le lait bio et le non bio, mais on peut avoir du lait bio 1er prix moins cher que du lait de marque de distributeur non bio », fait remarquer Thierry Damien. La même chose est observé sur le jus d'orange : « Quelqu'un qui veut se nourrir en bio n'est pas forcément obligé de payer plus », conclut-il, précisant que son association ne prend pas en compte les aspects qualitatifs des produits.

TVA : une hausse marginale qui peut servir de prétexte

« Dans un contexte difficile pour le pouvoir d'achat des familles mises à contribution pour relancer l'économie », Familles rurales demande à la grande distribution de « contenir les prix tout au long de l'année ».

Pour 2014, Familles rurale craint que la hausse de la TVA ne serve de prétexte aux distributeurs pour remonter les prix. Mais l'association a calculé que l'impact de cette hausse ne sera que de 0,24 centime sur le panier moyen de 135,26 euros. « La TVA ne pourra pas justifier des hausses massives sur le panier du consommateur », prévient Thierry Damien.

La baguette coûte 7 centimes de plus qu'il y a 6 ans

Le prix de la baguette de pain a augmenté de 7 centimes entre 2007 et 2013. On note une grande différence entre le prix de la baguette en boulangerie (qui est passé de 0,79 à 0,86 euro) et en grande surface (de 0,43 à 0,50 euro).