Abonné

Restauration rapide La concurrence a fait baisser le prix des sandwichs

- - 4 min

Le marché du sandwich reste une valeur sûre de la restauration rapide. Il représente en valeur 6,4 milliards d’euros et semble stabilisé à ce niveau au sein d’une consommation nomade qui, elle, ne cesse de prendre de l’importance au sein de la consommation hors foyer.

La restauration rapide dans son ensemble aurait finalement bénéficié de la crise, si l’on en croit les experts du Gira. La crise a favorisé un transfert de clientèle au sein même de l’univers du snacking hors domicile car ce sont des clients qui dépensent davantage (2 à 3 % de plus) qui sont venus grossir la clientèle de la restauration rapide, selon Bernard Boutboul, directeur de Gira Conseil, qui a présenté les tendances 2010 à la veille du salon Sandwich & Snack Show (1). Les estimations effectuées par la société d’étude pour le salon évaluent la valeur totale du marché de la restauration rapide à 31,2 milliards d’euros en 2010, ce qui représente un bond de 58,4 % par rapport au chiffre enregistré en 2004. Désormais, ce type de restauration pèse près de 40 % du chiffre d’affaires global de la consommation alimentaire hors domicile.

Un repas sur deux en vente à emporter
L’équipe de Bernard Boutboul met en avant d’autres indicateurs significatifs de l’évolution de la consommation nomade à la française. L’engouement pour la vente à emporter ne cesse de s’amplifier, il lui donne une part en volume désormais de 48 %. Selon les formules et concepts de restauration rapide, celle-ci peut évoluer de 30 à 75 %, mais cette moyenne place la France au niveau des Etats-Unis, à cette différence près que les produits que nous consommons de la sorte sont très différents.
Le développement du snacking va de pair aussi avec le lancement réussi des « cups » qui, en à peine deux ans, ont su s’imposer sur le marché avec déjà 15 millions d’unités vendues en 2010.
Bien sûr, par comparaison, le traditionnel sandwich pèse autrement plus lourd ; le nombre d’unités vendues en 2010 dépasse maintenant les 2 milliards de sandwichs. Toutefois ce marché est devenu stable : il n’aurait augmenté que de 0,1 % entre 2009 et 2010. Gira chiffre la valeur de ce marché à 6,4 milliards d’euros en 2010, tablant sur un prix moyen de 3,18 euros le sandwich. En effet, révèle Gira qui a réactualisé son « indice jambon-beurre », le prix de celui-ci, le plus vendu en France, a baissé de 1,95% en 2010 : il se situait en moyenne en décembre à 2,52 euros, contre 2,57 euros un an plus tôt. La baisse du prix de ce sandwich est continue depuis décembre 2008, date de création de cet indice. A l’époque, il se vendait 2,65 euros, tous pains confondus, soit une baisse de 4,91% en deux ans.

L’entrée en jeu des hypers et supermarchés
La raison de la baisse est « l’attaque récente du marché de la restauration rapide par la grande distribution », estime Bernard Boutboul. Grandes et moyennes surfaces ont « comme cheval de bataille les prix », ajoute-t-il. Pour preuve, le jambon-beurre qui se vendait en décembre 2008 à 1,88 euro dans les hyper et supermarchés se paie aujourd’hui 1,37 euro, soit une baisse de 27%. Les autres points de vente n’arrivent pas à être aussi compétitifs car un jambon-beurre coûte en moyenne 1,93 euro dans une supérette, 2,83 euros dans une sandwicherie, 2,86 euros dans une boulangerie indépendante, 3 euros dans un bar et 3,16 euros dans une station-service.
C’est à Paris qu’il est le plus cher (3,06 euros) et à Metz (2,29 euros en moyenne tous circuits confondus) qu’il est le meilleur marché. Mais cet écart s’est réduit passant de 41,6% en 2008 à 32% désormais.

(1) Le salon professionnel Sandwich&Snack Show se tiendra à Paris (Porte de Versailles) les 2 et 3 mars.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

restauration
Suivi
Suivre
consommation
Suivi
Suivre