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Plants de pommes de terre La concurrence internationale s’accentue

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Après des années de progression des exportations et de diminution des importations, le secteur des plants de pommes de terre va rencontrer une plus forte concurrence internationale pendant la campagne 2004-2005. Les producteurs de plants cherchent à renforcer leur présence en Afrique du Nord.

Depuis la campagne 1997/98, les exportations progressent et les importations régressent. Les exportations sont passées de 87 000 tonnes à 96 000 en 2003/04, tandis que les importations ont fléchi de 58 000 à 48 000 tonnes. « Nous avons connu en particulier trois bonnes années », a commenté Gérard Corrignan, président de la Fédération des producteurs de plants, dont l’assemblée générale s’est tenue le 8 décembre. Mais pour la campagne 2004/05, la situation s’annonce plus concurrentielle, du fait d’une augmentation des surfaces dans pratiquement tous les principaux bassins de production : + 1,7 % aux Pays-Bas, leaders sur le marché international, + 2,2 % en France, + 4,7 % en Belgique et + 7,3 % en Allemagne.

La campagne a pourtant bien commencé, vers le Liban, Israël, la Jordanie, l’Arabie saoudite, avec des prix bien tenus, mais « la concurrence est féroce» sur les marchés d’Afrique du Nord (Maroc, Tunisie, Algérie).

Les Néerlandais sont très présents sur les marchés d’Afrique du Nord et d’Europe de l’Est depuis plus de quinze ans. L’Allemagne commence à marquer des points en Pologne.

Le marché intérieur français, qui représente les trois-quarts des débouchés, compense toutefois, par sa stabilité des prix, la baisse des prix à l’export.

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Un programme français en Égypte, bientôt en Tunisie et Algérie

Lors d’une table ronde organisée par la Fédération nationale des producteurs de plants de pommes de terre (FN3PT), trois intervenants d’Afrique du Nord (un Égyptien, un Tunisien et un Algérien) ont reproché aux professionnels français leur manque de présence et de suivi. En le déplorant, parce qu’ils ont été unanimes pour reconnaître la qualité technique du plant français. Ils se sont déclarés prêts à payer plus de technologie et de conseil quand ils achètent des plants : ils souhaiteraient un mode d’emploi et un appui technique sur la conduite de culture.

Les professionnels français (la FN3PT et le Groupement national interprofessionnel de semences) mènent un programme d’appui technique en Égypte depuis trois ans. Ils ont pour mission de renforcer l’organisme public égyptien de certification des semences. En contrepartie, l’accès leur est donné pour organiser des journées de démonstration. La France est ainsi le seul pays à exporter des « plants de base », c’est-à-dire des plants qui, mis en terre, servent à produire des plants. Ces plants de base sont mis en terre en janvier et récoltés en avril, pour les semis d’août. La filière française a ainsi testé une trentaine de variétés en Égypte, dont une vingtaine sont inscriptibles. Leurs dossiers semblent « bien partis», selon Thierry Gokelaere, directeur de la FN3PT.

Les professionnels français ont le projet de mener deux nouveaux programmes comparables, en Tunisie et en Algérie, dès 2005. Mais cette fois les interlocuteurs ne seront pas gouvernementaux comme en Égypte, mais des professionnels comme Raouf Ghariani, président de l’interprofession tunisienne de la pomme de terre, et Bachir Séraoui, producteur et président de l’interprofession algérienne.