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Produits laitiers/UE La concurrence, « le seul moteur de l’avenir du secteur », estime l’industrie européenne

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« Les forces concurrentielles du marché doivent être le pilote essentiel du développement futur du secteur laitier européen d’ici à 2020 ». Dans le cadre des discussions actuelles sur la réforme de la PAC au niveau du Parlement européen, European Dairy Association (EDA), le lobby de l’industrie laitière européenne, demande que les décisions prises par l’UE dans le cadre du « paquet-lait » soient respectées et qu’aucune proposition visant à rétablir une quelconque gestion de l’offre ne soit acceptée. En d’autres termes, l’industrie s’oppose à tout détricotage du « paquet-lait » adopté en 2011.

Comme les discussions politiques sur les mesures à mettre en place dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune (PAC) entrent dans une phase critique, European Dairy Association, le lobby de l’industrie laitière européenne, a pris soin d’alerter les acteurs politiques sur la nécessité de veiller à ce que les forces du marché soient « le principal moteur de l’évolution future de l’industrie laitière en Europe d’ici à 2020 ». Au vu des différentes propositions actuellement débattues au sein du Parlement européen sur l’avenir de la Pac, EDA voit l’abolition des quotas laitiers en 2015 comme la principale nouvelle étape de la réforme de la Pac. « Ce n’est qu’après la suppression des quotas laitiers que le secteur laitier sera en mesure d’anticiper pleinement les évolutions du marché », avertit Joop Kleibeuker, le secrétaire général de European Dairy Association. « Comme de nombreuses industries laitières ont déjà planifié et investi pour le régime post-quota, explique-t-il, nous demandons instamment que l’engagement pris d’abolir les quotas laitiers en 2015 soit maintenu et respecté et qu’aucune proposition visant à rétablir toute autre forme de gestion de l’offre ne soit mise en place ». Faire le contraire, affirme-t-il, « ne ferait que conduire à un affaiblissement de la compétitivité du secteur laitier de l’UE au niveau mondial ».
 
Pas touche aux sacro-saintes règles de la libre concurrence...
Selon le lobby de l’industrie laitière, la réforme de la Pac devrait se traduire par « une plus grande orientation vers le marché, ce qui nécessite l’interaction libre des forces concurrentielles du marché, en particulier au sein du marché unique de l’UE ». En d’autres termes, les sacro-saintes règles de la libre concurrence inscrites dans le « paquet-lait » adopté en 2011 doivent être protégées. EDA considère que le développement du secteur laitier doit être principalement tiré par les forces du marché et que c’est en exploitant ses avantages concurrentiels et en ajoutant de la valeur au lait cru pour répondre à la demande intérieure et contribuer à répondre à la demande mondiale croissante pour les produits laitiers que le secteur laitier européen pourra surmonter les défis posés par la déréglementation et la suppression des quotas à partir de 2015. Ce qui fait dire à Joop Kleibeuker que « toutes les propositions de suspension du droit de la concurrence, les dérogations ou autres exemptions irresponsables doivent être évitées ». Comme on le sait, le « paquet-lait » a accordé des exemptions au droit de la concurrence pour les organisations de producteurs, une décision qui n’a pas fait sauter de joie l’industrie laitière, laquelle se dit très préoccupée par la possibilité de voir se créer de ce fait « des monopoles régionaux d’approvisionnement en lait qui pourraient fausser le marché libre du lait cru et décourager ainsi les investissements ». On l’a compris, l’industrie laitière européenne ne veut pas du tout entendre parler d’une réouverture du « paquet-lait ». Pour EDA donc, « toute proposition visant à modifier les mécanismes du paquet-lait doit être évitée », autrement, avertit-elle, « cela affaiblirait la position du secteur laitier de l’UE et le rendrait non compétitif sur le marché laitier mondial ».
 
L’UE appelée à lutter contre la volatilité des prix
Estimant que les marchés des matières premières agricoles sont par nature volatils, EDA considère que cela pose de sérieux défis, à la fois aux producteurs et aux transformateurs laitiers. Selon elle, l’extrême volatilité des prix fausse les décisions d’investissement et est potentiellement destructrice des capacités du secteur. EDA souligne que le secteur des produits laitiers « ne dispose pas de la gamme des outils du secteur privé pour gérer le risque des prix qui existent dans d’autres régions du monde». Et tant que de tels outils ne sont pas disponibles, « l’UE doit continuer à jouer un rôle majeur dans la lutte contre la volatilité des prix ». Pour l’industrie laitière, deux instruments principaux peuvent être utilisés à cette fin : le paiement unique par exploitation et la mise en place d’un filet de sécurité adéquat visant à minimiser la volatilité extrême des prix à la baisse. Un tel filet de sécurité devrait être assuré, à son tour, par trois instruments : les achats d’intervention du beurre et du lait écrémé en poudre (où le prix de référence doit être réexaminé périodiquement afin de s’assurer qu’il fournit un mécanisme de filet de sécurité efficace), l’aide au stockage privé pour le lait écrémé en poudre et les restitutions à l’exportation (celles-ci doivent être utilisées pour répondre à des situations extrêmes des marchés et ne devraient être supprimées que dans le cadre d’un accord multilatéral au niveau de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

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