« L’objectif est qu’il n’y ait pas un paysan de moins à l’issue de la crise », a martelé Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne lors d’une conférence de presse le 10 avril. Pour faire face à cette « urgence », le syndicat propose une série de 24 mesures « pour assurer la continuité de l’activité agricole et de l’approvisionnement alimentaire pendant la crise Covid-19, ainsi que la viabilité à terme des fermes ».
La Conf’ y demande de reporter les échéances bancaires ; d’inclure les paysans sur la liste des professionnels prioritaires pour l’accueil de leurs enfants dans les crèches et écoles comme c’est le cas des personnels soignants, la mise en avant des filières en difficulté, des signes de qualité et des productions nationales dans les supermarchés, ou encore le maintien des marchés et le renforcement des débouchés alternatifs de proximité.
Ce dernier point est une des priorités du syndicat qui milite pour la réouverture des marchés alimentaires. Les maires doivent dorénavant demander une dérogation au préfet pour maintenir un marché sur sa commune. « Les maires ont du mal à prendre cette responsabilité », regrette Damien Houdebine, secrétaire national de la Confédération paysanne en les enjoignant à « les rouvrir pour permettre une alimentation de qualité à leurs citoyens ».
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Autres mesures à prendre de toute urgence, selon la Confédération paysanne : soutenir les filières grâce à des aides au stockage pour les filières viandes et une régulation des volumes en lait. « Il vaut mieux réduire immédiatement la production pour ne pas accumuler trop de stocks qui pèseraient ensuite sur la reprise », assurent les syndicalistes. Sur le chiffrage de cette « réduction obligatoire des volumes » en lait, le syndicat estime, après un nouveau calcul sur des données plus fiables qu’elle doit être de l’ordre de 10 % pour avril 2020 par rapport à avril 2019 et non de 18 % comme précédemment évoqué.
Pour la Conf’, ces mesures ne sont qu’une première étape avant la sortie de crise. « Nos métiers sont d’utilité publique », assure Nicolas Girod qui demande, au-delà de la reconnaissance citoyenne, une reconnaissance publique.
Assurer la viabilité à terme des fermes